Nimâ Machouf: femme de conviction

LSM oct. 08, 2019
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Nimâ Machouf et son attachée politique dans l'arrière boutique de son bureau de campagne.


Nimâ Machouf, dans Laurier-Sainte-Marie, prend le relais de la députée sortante Hélène Laverdière, qui se retire de la politique après deux mandats, sous la bannière orange.

Par Philippe Julien-Bougie

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Cette néo démocrate axe sa campagne sur l’environnement et la lutte contre la pauvreté. Deux enjeux qui touchent la circonscription.

«On est dans une circonscription progressiste, les gens sont très conscientisés et revendiquent beaucoup de choses en matière d’environnement» , explique la politicienne. Si le NPD était au pouvoir, il n’y aurait pas d’argent public qui irait dans l’achat d’un pipeline et «aucun encouragement de l’industrie pétrolière» , renchérit-elle.

Sur le plan social, son parti propose un système d’assurance maladie qui couvre de la tête aux pieds. «On paye pour les intestins, mais on ne s’occupe pas du mental des gens» , argumente cette épidémiologiste. Le NDP prévoit aussi de décriminaliser la toxicomanie pour lutter contre cette maladie qui est notamment très présente dans Laurier-Sainte-Marie.

Plus d’un combat à son actif

Complètement établie au Québec depuis l’âge de 18 ans, Nimâ Machouf a vu neiger.

Issue d’un père médecin et d’une mère infirmière, cette Iranienne d’origine grandit au coeur d’une famille très politisée entre la France, Montréal et l’Iran.

La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre et la jeune Nimâ, qui passe son adolescence à Téhéran, devient militante en réaction à la répression dictatoriale. «Je suis une militante [...] qui se fait arrêter à 15 ans; qui ramasse des coups dans les manifs; qui est expulsée de l’école; qui n’a pas le droit d’aller à l’Université parce qu’elle est fichée» , évoque-t-elle en se rappelant sa jeunesse.

Alors que son père et certains de ses amis sont emprisonnés pour des raisons politiques, elle ne voit qu’une solution pour assurer sa sécurité: s’établir au Québec. «Il n’y avait plus rien à faire, c’était devenu trop dangereux» , admet-elle.

C’est dans la belle province qu’elle complète son doctorat en santé publique dont la thèse traite des impacts des politiques macro-économiques sur la santé des populations africaines en zone rurale.

«J’ai travaillé dans le domaine du VIH, de la toxicomanie et étudié l’impact des politiques sur la santé des populations» , souligne cette épidémiologiste .

Quasiment toujours présentée dans les médias comme la femme d’Amir Khadir, elle considère que l’expérience politique de son mari, député solidaire pendant environ dix ans, avantage sa campagne. «Dans quatre ans, [les médias diront] le mari de Nimâ Machouf pour parler de mon mari» , lance-t-elle à la blague.

Un contexte défavorable pour le NPD

Les sondages la placent en deuxième position, sept points derrière l’écologiste Steven Guilbeault du parti Libéral, avec 26,7% d’intentions de vote, indique le site web Qc 125 en date du 7 octobre. Le Bloc, représenté par Michel Duchesne, n’est pas non plus à négliger avec 23,8% d’intentions de vote.

La candidate néo-démocrate garde tout de même la tête haute. «On travaille pour le vrai sondage du 21 octobre.»

Ce qui explique, pour elle, le succès local des libéraux, c’est la popularité de Steven Guilbeault cofondateur du groupe environnemental Équiterre. «Les gens ont l’impression de voter pour Équiterre [...], mais ils s’en vont voter pour le parti Libéral qui a acheté des pipelines» , déclare-t-elle d’un air combatif, «c’est vouloir verdir des pipelines.»

Bien que lucide face au succès de son parti: «Il y a de très faibles chances qu’on ait le gouvernement» . Mme Machouf ne néglige pas pour autant l’importance du NPD au Canada: «Un bon travail d’opposition est très important [...] Si on n'avait pas les députés du NPD, ce n’est pas un pipeline que les libéraux auraient acheté. C’en est peut-être dix» .

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Égoportrait final d'un électeur averti

Philippe Julien-Bougie

Étudiant en journalisme