Thiébaut : néo-démocrate engagée

Sud-Ouest oct. 09, 2019
Thiébaut : néo-démocrate engagée
Candidate pour le Nouveau Parti Démocratique (NPD) dans l’arrondissement de Ville-Marie, le Sud-Ouest et l’Île-des-Sœurs, Sophie Thiébaut en n’est pas à sa première expérience en politique. C’est avec une décennie d’expérience comme conseillère municipale dans le Sud-Ouest que Mme Thiébaut a décidé de faire son entrée sur la scène fédérale. Fondatrice de l’ancien mouvement Mobilisation Turcot , ce sont trois raisons qui ont poussé Mme Thiébaut à rejoindre les rangs du chef néo-démocrate Jagmeet Singh.
Trois raisons
Tout d’abord, c’est l’utilisation des terrains publics sous la responsabilité du gouvernement fédéral qui ont sonnée la cloche pour Mme Thiébaut. Elle soutient que ces terrains publics doivent absolument être utilisés dans l’objectif de répondre aux besoins du public, et non dans le but de faire du profit dans le cas de projets privés. Elle a mentionné plus précisément le projet d’un stade de 30 000 places sur les terrains situées près du Bassin Peel, qui, pour elle, ne répondrait pas aux besoins plus urgents de la communauté de Pointe-Saint-Charles.
En tant qu’immigrante de la France il y a près d’une vingtaine d’années, Sophie Thiébaut soutient la diversité culturelle et dit appuyer M. Jagmeet Singh en raison de sa détermination à vouloir représenter un Canada diversifié.
La troisième raison ne peut être plus actuelle : le climat. Mme Thiébaut est en charge du plan local de développement durable pour l’arrondissement du Sud-Ouest. Elle s’est impliquée dans le mouvement Mobilisation Turcot afin de promouvoir un échangeur servant à réduire la circulation automobile dans le but d’accentuer le déplacement des transports collectifs. Un de ses objectifs était de réduire l’impact du projet Turcot sur la santé des gens vivant à proximité des chantiers, à l’ouest de Saint-Henri, mais aussi par rapport à la réduction des gaz à effet de serre.
Présentoir au bureau électoral du NPD.
Dossiers principaux
Sophie Thiébaut se dit engagée en ce qui concerne la crise des logements. Elle ajoute que le NPD « quadruple l’engagement (500 000 dollars en dix ans) en termes de production d’unités de logement social et communautaire versus la stratégie nationale pour le logement du gouvernement sortant (125 000 dollars en dix ans) ». Elle déplore le fait que les gouvernements précédents n’ont pas injecter un seul dollars encore pour le logement social, et ce, depuis 1994. « Pourtant, dit-elle, ce sont 168 000 ménages qui payent plus de 30% de leur revenu pour se loger ».
Le NPD veut faire en sorte que l’État soit plus interventionniste en ce qui concerne les engagements pris dans la plateforme environnementale du parti. Cette vision est reliée à celle du Green New Deal, un projet d’investissement dans les énergies décarbonées visant à stopper le réchauffement climatique, tout en promouvant la justice sociale. Mme Thiébaut s’explique :
« C’est-à-dire qu’on ne subventionnera pas les industries pétrolières et gazières, qu’on ne supportera pas non plus l’industrie des sables bitumineux, vu l’ensemble des conséquences que ça a sur le pays. Il faut injecter beaucoup plus d’argent pour transformer le marché du travail, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui vivent de ces métiers-là et il s’agit de ne laisser tomber personne. Un État interventionniste investirait beaucoup d’argent dans les énergies vertes, la requalification de la main d’œuvre ainsi que dans les économies d’énergie sur les bâtiments. […] Donc, il faut que [les travailleurs] retournent d’abord à l’école pour apprendre dans les nouvelles technologies et les nouveaux métiers qu’on veut développer. Et à partir de là, on transforme notre économie tout en investissant dans les transports collectifs comme nouveau marché du travail. »
Plus qu'un vote
« Il faut aller plus loin que le vote le 21 octobre, car il s’agit aussi de changer nos habitudes au niveau local. Il faudra à partir du bureau de la députée fédérale, développer la sensibilisation et l’information auprès des citoyens sur ce qu’on propose comme démarche, pour que ça en soit une de concertation afin d’avoir une réflexion collective. Cette réflexion doit être développée au niveau individuel pour qu’on puisse poser les gestes les plus porteurs pour atteindre notre cible de réduire la production de GES de moitié d’ici dix ans. Mais il faut aussi avoir cette lecture au niveau territorial. Nous, dans notre circonscription, où sont les gros émetteurs de GES ? En ce qui concerne la crise climatique, il ne faut pas juste voter, il faut que la société démontre qu’elle est prête pour la transition en termes de changements », explique Mme Thiébaut en ce qui concerne sa vision concernant l’environnement.
Bureau électoral de Sophie Thiébaut situé sur la rue Charlevoix.
Égo-portrait devant le bureau électoral.

Joel Beaudin Lavigne

Étudiant en Communication (Profil Journalisme) à l'UQAM.