Yves-François Blanchet dans "la plus belle circonscription au Québec"

Bloc québécois oct. 08, 2019
Yves-François Blanchet pose devant son autobus de campagne
Yves-François Blanchet dans Beloeil-Chambly
Père de famille, gérant d’artiste, ministre péquiste, commentateur politique, chef du Bloc Québécois : en quelques années, l’homme de 54 ans est passé par toutes ces occupations et aspire à obtenir la balance du pouvoir laissée par un parti élu minoritaire à Ottawa le 21 octobre.

Le passé péquiste à travers le lancement du Bloc

Yves-François Blanchet est présent depuis déjà plusieurs années sur la scène politique. Il y est depuis 1987, année qui marque le début de son implication dans le Parti québécois, alors dirigé par Jacques Parizeau. Durant la soirée d'ouverture de la campagne électorale 2019 de Blanchet, à Otterburn Park, des personnalités sont présentes pour appuyer leur collègue. Certaines, comme Pierre Duchesne, se souviennent des moments passés avec l’ancien ministre de l’environnement lors de sa présence au Parti québécois. C'était le temps d'un mandat minoritaire entre 2012 et 2014. D'autres n'ont pas pu se déplacer à l'événement, mais tenaient à encourager le nouveau chef du Bloc québécois. L'ancienne première ministre du Québec, Pauline Marois, a d'ailleurs demandé à la fille de Blanchet, Catherine Dupont, de lire une lettre qu'elle envoie depuis l’Europe. « Yves-François est un homme de loyauté, de conviction et de solidarité » , selon Pauline Marois, qui vit présentement en France.
DIfficile de manquer le côté nationaliste du parti lorsque l'on aperçoit autant de fleurs de lys

D'ex à chef

Après la défaite de 2014, Blanchet perd son emploi de député à l'Assemblée nationale, qu'il troque pour l'analyse politique. À Radio-Canada, il sera panéliste pour l'émission Les ex, où il se doit de commenter l'actualité politique autant au Québec que dans le reste du monde. Il est aux côtés de politiciens qui ont aussi quitté le salon bleu du parlement pour changer de vie. Dans les débats qui se déroulent en ondes, il se veut un adversaire redoutable, surtout pour Yolande James, qui a une vision de la politique diamétralement différente de la sienne. La présentatrice, Julie Drolet, se doit parfois d'interrompre les débats entre l'ex-député péquiste et l'ex-députée libérale, qui s'échauffent sur des sujets comme la laïcité. Blanchet défendra ses positions politiques durant les trois années où il sera présent sur les plateaux de Radio-Canada. Sa présence médiatique sera ensuite multipliée par son arrivée à la tête d'un parti politique fédéral: le Bloc québécois.

Retour à un équilibre

Lorsque Blanchet est arrivé à la tête du Bloc québécois, le parti était à la dérive. En 2008, au Québec, la proportion des votes accordés au parti était de 38,1%. En 2011, avec la vague lancée par Jack Layton, l’électorat a tourné la tête vers le NPD, laissant les Bloquistes avec 23,4% du scrutin. Finalement, le clou dans le cercueil qui a failli marquer la mort du parti créé par Lucien Bouchard fût l’élection de 2015. Bilan : le pire de son existence, avec 19,3%. Martine Ouellet devient alors cheffe du parti en mars 2017, pour succéder à Gilles Duceppe. Une crise interne survient alors en février 2018, qui cause le départ de sept députés sur dix du caucus sous la gouverne de la cheffe. Un vote de confiance sur son leadership, que Ouellett refusait au départ, finit par avoir raison d’elle, 67% des répondants rejetant sa direction. En janvier 2019, après que Blanchet accepte de devenir chef du Bloc, l’ordre semble être revenu dans la formation politique, qui avait pourtant l’air à un point mort il y a à peine plus d’un an.
La rivière Richelieu

Beloeil-Chambly

En tant qu’éventuel député de Beloeil-Chambly, Yves-François Blanchet mentionne divers enjeux qui lui tiennent à cœur. « L’érosion des berges, la pénurie de main-d’œuvre, le transport collectif, l’odieuse tour de Telus, les édifices fédéraux qui ne paient pas leurs taxes, les pesticides dans notre eau, la protection du patrimoine. Les enjeux de Beloeil-Chambly sont les enjeux du Bloc québécois, sont mes enjeux! » Le candidat semble aussi se présenter dans la région parce que c’est un berceau de la lutte des Patriotes de 1837-1838 contre les autorités britanniques. Le combat de ces révolutionnaires est comparable à celui mené par le bloquiste depuis les débuts de son implication politique contre les autorités fédéralistes d’Ottawa. Et s’il se présente dans Beloeil-Chambly, c’est aussi parce qu’il trouve que c’est « vraisemblablement la plus belle circonscription au Québec » ,selon ce qu’il aurait dit à Pierre Duchesne au moment où ce dernier était député dans cette même circonscription. Reste à voir qui sera élu dans Beloeil-Chambly, et si l’exercice de charme que tente Blanchet sera une réussite, ou encore une autre défaite électorale pour le candidat, et peut-être son parti…
Avec le candidat lors du lancement de sa campagne à Otterburn Park