Improvisation journalistique ayant pour titre... La créativité artistique
UN REPORTAGE D'HUGO RAICHE ET DE GUILLAUME WHALEN
L’improvisation fait partie du patrimoine culturel du Québec. Plusieurs grands noms du «showbizz» ont passé par l’improvisation au niveau secondaire et collégial pour se forger leur carrière telle qu’elle est aujourd’hui. Certains ont eu une piqûre si forte que c'est l'improvisation qui les ont poussés à vivre de la scène.
Nous avons réalisé des brèves capsules vidéo auprès de quatre étudiants soit deux en art dramatique et deux autres en humour. Dans chacun de ces milieux, un se réclame pleinement de l'improvisation tandis que son homologue avoue en éprouver des réticences. Un seul qui vit sa vie d'artiste et en fait son métier a été interviewé.
Nous nous sommes penchés sur l'humour et le théâtre parce que l'improvisation est un heureux mélange entre le rire, l'émotion et l'écriture dramatique. Pour certains, il est curieux d'observer la différence entre les humoristes et les acteurs lorsqu'ils improvisent. Les humoristes auront plus tendance à chercher le rire et à gagner l'amour du public puisque c'est ainsi qu'ils font des spectacles. En humour tu présentes ta personne sur une scène et il peut être terriblement blessant pour la confiance en soi de ne pas sentir l'approbation de ses pairs. «La source de nos angoisses et de nos doutes, surtout dans le milieu de l'humour à savoir si on est capable, pourrait disparaître par l'impro parce que le but c'est d'avoir du fun et d'essayer des affaires», a renchéri Dominique Allard, un finissant à l'École nationale de l'humour.
En théâtre, il y a plus de subtilité puisque les comédiens jouent un personnage qui n'est pas le leur. «L'improvisation n'est pas toujours un avantage puisqu'il y a la quête du rire. Tu ne joues plus et tu joues surtout seul quand tu as seulement cet objectif en tête. Ce réflexe d'improvisateur est regrettable et il faut le laisser de côté», exprime Francis Sasseville, professeur de théâtre.
LE THÉÂTRE
Toutefois, pour lui, le style dit plus «théâtral» vient prendre le dessus sur tous les autres types, car celui-ci permet au spectateur de rentrer dans l’atmosphère du spectacle plus facilement. De plus, du côté du comédien, la recherche du sentiment de satisfaction après un «punch» est beaucoup moins présente qu’avant. En effet, le fait de pouvoir submerger l’auditoire dans une atmosphère créée au fur et à mesure est une expérience scénique beaucoup plus gratifiante.
Beaucoup reprochent à l'improvisation qu'il s'agit d'un petit milieu qui pousse au culte de la personnalité. «Il y a un nivellement vers le bas dans beaucoup de petites ligues de bar», affirme Nahéma Ricci, comédienne et improvisatrice à temps partiel. En effet, le public est saoul et demande à rire instantanément si bien que les histoires et l'écriture dramatique sont laissées de côté au profit du punch et de la blague.
Beaucoup préfèreraient que le carcan de l'impro soit désacralisé et encouragent une pratique plus assidue d'une nouvelle forme d'impro plus pure, soit du théâtre spontané sans public. C'est en effet pour le public que certains joueurs deviennent cabotins. Comme Francis Sasseville l'a mentionné un peu plus haut, après plus de vingt ans à effleurer et à s'initier à toutes sortes de formes d'improvisation, pour lui, le style dit plus «théâtral» vient prendre le dessus sur tous les autres types.
L'HUMOUR
«L'impro c'est du théâtre cosom. Au hockey cosom, tu joues avec pas beaucoup d'équipement dans un petit gymnase, mais ça reste du hockey. C'est la même chose avec l'impro tu joues en jogging, mais ça demeure du théâtre», Frédéric Barbusci, improvisateur à la LNI.
LES PERCEPTIONS DU PUBLIC SUR LES VERTUS DE L'IMPROVISATION
Nous avons mis sur pied un sondage pour découvrir s'il y a beaucoup de gens qui font de l'improvisation. Tranquillement un constat clair s'est frayé un chemin plus nos entrevues et recherches ont avancé. L'improvisation demeure un outil pédagogique qui est utilisé par beaucoup de professeurs de théâtre et d'humour même si les élèves n'en ont jamais fait. C'est pourquoi tous les comédiens et humoristes ont déjà goûté à cette forme d'art éphémère.
Nombreux sont les étudiants de l’UQAM ou bien venants d’écoles concentrées sur le théâtre qui ont répondus. Le collège Lionel-Groulx situé à Sainte-Thérèse et le Cégep de St-Hyacinthe ont été les deux établissements avec les plus hauts taux de répondants que ce soit d'actuels élèves comme d'anciens.