<![CDATA[Journalisme sur internet / Hiver 2019]]> https://edm4455.uqam.media/ https://edm4455.uqam.media/favicon.png Journalisme sur internet / Hiver 2019 https://edm4455.uqam.media/ Ghost 2.9 Tue, 24 Sep 2019 02:09:56 GMT 60 <![CDATA[Le mème francophone: incursion dans le phénomène web.]]> https://edm4455.uqam.media/le-meme-francophone/ 5cae0efb0e1cf10e3b2f6d36 Wed, 24 Apr 2019 12:49:54 GMT


Que se cache-t-il derrière ces images rigolotes qui se multiplient sur les fils d’actualité de nos réseaux sociaux? Qui sont les créateurs de ces photos à vocation virale? Sans nier leurs racines américaines, les mèmes franco-canadiens forment une sous-culture virtuelle riche et diversifiée unie sous une seule bannière : la langue française.

Un reportage de Charles Mathieu et Laurence Dami-Houle

Voici un lien vers notre reportage. Ce dernier a été réalisé sur Sublime Text.

Voici le lien: https://drive.google.com/drive/folders/13l2exLCYJ-sKubWaJhm95txj2esY2n70?usp=sharing

Vous ne devriez pas croire à ces choses

Posted by Québec solidank on Wednesday, August 29, 2018
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<![CDATA[Y'a-tu de la bière icitte ?]]> https://edm4455.uqam.media/ya-tu-de-la-biere-icitte/ 5cbf424f0e1cf10e3b2f757d Wed, 24 Apr 2019 12:13:25 GMT

Jérémie Lachance et Laurence Philippe

Y'a-tu de la bière icitte? Y'a tu de la bière icitte? On s'en va tous d'icitte, si y'a pas de bière icitte! Ça tombe bien, parce qu'il y en a de la bière, icitte. Et depuis quelques années, de la rousse, de la pale ale et de l'IPA, il y en a de plus en plus.

Actuellement, on compte plus de 200 microbrasseries réparties sur l'ensemble du territoire de la Belle Province. Selon le registre des permis de fabriquant en vigueur émis par la Régie des alcools du Québec, la majorité d'entres elle se trouvent dans des régions rurales et dans des villes comptant moins de 100 000 habitants.

Y'a-tu de la bière icitte ?
Nombre d'entreprises brassicoles au Québec - Novembre 2018 | Source : Association des microbrasseries du Québec

Bien que les bières de microbrasseries soient étalées sur l'ensemble du territoire québécois, il est possible de dénoter un intérêt et une appréciation particulière pour celles-ci de la part des Québécois situés au sud de la province.

Y'a-tu de la bière icitte ?
Carte des entreprises brassicoles par région au Québec | Source: Association des microbrasseries du Québec 
D'hier à aujourd'hui

À la fin des années 1980, l'histoire d'amour entre les Québécois et les bières gourmandes débute. C'est dans un immeuble du XIXe siècle de la rue Ontario que la brasserie du Cheval blanc, en 1924, ouvre ses portes. Beaucoup d'années passeront et bien des pintes se videront avant qu'une seule goutte houblonnée soit produite dans les écuries de la brasserie du Cheval Blanc.

Il fallu attendre jusqu'aux années 1980 pour que Jérôme Catelli Denys, un héritier de la famille Catelli, les propriétaires de la brasserie depuis son ouverture, propose une sélection de bières plus éclectiques. C'est en 1987 que le nouveau propriétaire de la brasserie Le Cheval Blanc obtient le premier permis de brassage artisanal dans la province, emmenant un établissement pour la première fois au titre de brewpub.

Y'a-tu de la bière icitte ?
Le jeune Jérome Catelli Denys devant ses cuves de bière à la brasserie du Cheval Blanc - image tirée du site «bière et plaisir»

Et depuis le succès de Jérome Catelli et de sa brasserie 2.0, il a été possible de voir une augmentation exponentielle du nombre de microbrasseries sur le territoire québécois. En un peu plus de 16 ans le nombre de brewpub et de microbrasserie a augmenté de près de 700% au Québec, passant de 33 à 218 de 2002 à 2018.

Bien que l'essors de brasseurs artisanaux se soit fait de façon constante depuis le début des années 2000, un véritable boom a pu être observé à la suite des années 2010. L'intérêt marqué des québécois à l'endroit des bières de microbrasserie, a massivement entrainé l'ouverture de nouveaux établissements. En effet, en moins de six ans, le nombre d'entreprises brassicoles à doublé au Québec.

Y'a-tu de la bière icitte ?
Évolution du nombre de microbrasseurs au Québec depuis 2010 | Source : Association des microbrasseries du Québec

Microbrasserie, mais jusqu'à quel prix?

Bien qu'une multitude de microbrasseries ouvrent leurs portes à chaque année, très peu d'entres elles se voient révoquer leur permis ou, encore, se voient retirer l'appellation contrôlée de «microbrasserie». Martin Guimond, le propriétaire de la microbrasserie le Saint-Bock, située sur la rue Saint-Denis, à Montréal, affirme que les propriétaires de microbrasserie qui flirtent avec la production et la distribution de bière à grande échelle n'ont aucun intérêt à se dissocier de cette appellation contrôlée.

Y'a-tu de la bière icitte ?
Le propriétaire, Martin Guimond, rencontré à sa microbrasserie, le Saint-Bock | Photo : Laurence Philippe

« Ce qu'il faut comprendre, c'est que pour que l'on puisse se faire appeler microbrasseur ou brasseur artisanal, il y a un quota de 500 000 hectolitres à respecter, commence-t-il. Si on dépasse cette quantité, la brasserie passe de microbrasserie à brasserie artisanale, pour après devenir une brasserie classique, etc. »

M. Guimond explique que ces appellations de «microbrasserie» ou de «brasserie artisanales» ont beaucoup de signification aux yeux du public. « Les gens sont tannés de boire la même bière à chaque fois, pense Martin Guimond. Quand une brasserie appose le nom de microbrasserie sur ses bouteilles, ça envoie un message de fraîcheur, d'authenticité et d'unicité au consommateur. »

Il affirme cependant que les appellations «microbrasserie» et «brasserie artisanale» perd un peu de sa signification à chaque année, tandis que les Québécois deviennent de plus en plus intéressés en ce qui concerne l'originalité et la recherche de nouvelles saveurs dans l'industrie de la bière.  

Malgré le fait que ce soit, en quelque sorte, des appellations contrôlées, le propriétaire du Saint-Bock affirme que ces réglementations sont facilement modifiables. « Il ne faut pas oublier que l'agence qui décide des quotas à respecter pour les différentes appellations ont eux aussi besoin d'argent pour fonctionner, rappelle-t-il. Quand un brasseur artisanal de grande taille s'apprête à franchir le cap en dépassant le seuil de litres produits permis, les associations de brasseurs augmentent les quotas limites, afin que les gros joueurs ne quittent pas leurs rangs. »

À chaque année, les quotas permis par les associations de brasseurs comme  l'Association des Microbrasseurs du Québec et la Brewers association aux États-Unis augmentent, ce qui à pour effet de dévaloriser le sceau de microbrasserie. Martin Guimond pointe du doigt la brasserie artisanale américaine Samuel Adams qui, selon lui, réussie année après année à faire repousser les quotas établis par les associations de brasseurs.

« À chaque année, la brasserie Sam Adams frôle ou dépasse de justesse la limite pour être considéré comme une brasserie artisanale, soutient-il. La brasserie paye une contribution à l'association pour être reconnue comme étant artisanale, et si elle ne peut plus l'être en raison d'une trop grosse production, l'association en ressortira tout aussi perdante. »  

Ceci explique pourquoi tant de brasseries originalement artisanales offrant une production à grande échelle, comme la brasserie de l'Alchimiste, peuvent conserver l'appellation de microbrasserie.

Cette carte interactive vous fait découvrir toutes les microbrasseries de l'Île de Montréal en plus de vous proposer un itinéraire qui se fait facilement à pied, en vélo ou en transport en commun pour goûter aux meilleures bières de la métropole.

L'offre versus la demande

La prolifération des bières québécoises profites aux amateurs de bières qui consomment de plus en plus de façon locale et qui désirent essayer de nouvelles saveurs. Mais si la demande semble avoir augmenté dans les dernières années, l’offre la dépasse largement.

Oui, les québécois aiment la bière. L'offre est-elle cependant trop grande?
« Dans un dépanneur par exemple, s’il y avait à l’époque, [dans les années 2000], 15 tablettes de bières pour 100 [bières de] microbrasseries, aujourd’hui c’est 15 tablettes pour 200 microbrasseries. Tranquillement les moins bons produits sont en train de sortir pour faire place à la nouveauté », explique le propriétaire et fondateur de la microbrasserie St-Bock, Martin Guimond.

Avec l’augmentation en popularité pour cette industrie et la recherche constante de nouveauté, les microbrasseurs se voient dans l’obligation de créer constamment des nouvelles saveurs et recettes afin de conserver et de renouveler sans cesse leur clientèle. Ainsi se retrouve maintenant sur les tablettes des grandes surfaces des bières aux arômes de bleuet, de pamplemousse, de gingembre ou de fleur sauvage.

Ouvrir les horizons
S’il y a une dizaine d’années on pouvait donc compter une vingtaine de microbrasseries à Montréal seulement, le nombre a doublé en moins de dix ans. Les consommateurs de bières y sont exposés dès l’âge légal de consommation et l’offre grandissante leur permet de développer et de raffiner leur goûts beaucoup plus tôt dans leur découverte de l’industrie brassicole.

« Mais le marché n’est pas saturé pour autant et il y a encore de la place pour les petits joueurs », pense Martin Guimond. Selon lui, le défi est d’ouvrir un bar malgré qu’il y ait une certaine contingence dans la métropole et que le développement laisse toujours planer un risque de saturation. « Ce qui était au départ un peu plus hétéroclyte est maintenant une mode et si le marché se développe c’est parce que les consommateurs sont présents et sont plus enclins aujourd’hui à essayer des nouvelles choses », ajoute-t-il.

C’est un point de vue que partage François Bélanger, propriétaire, président et fondateur de l’EtOH brasserie, située sur la rue Jarry. « C’est la clientèle qui dicte la variété de l’offre et la carte des bières », précise-t-il. Si les propriétaires de la brasserie s’assurent toujours de garder une carte équilibrée, ils s’engagent toujours à ce qu’elle respectent les goûts de leurs clients. « L’hiver on va aller chercher des bières plus lourdes, plus charnues, plus alcoolisées et l’été elles sont plus légères, aux arômes d’agrumes par exemple », souligne-t-il.

« Chaque fois qu’une nouvelle microbrasserie ouvre, c’est un petit morceau de Labatt, de Molson ou de Sleeman qui s’en va, ajoute Martin Guimond. Ça donne un caractère d’authenticité. » Bien que certains brasseurs aient encore de la difficulté à obtenir de la visibilité chez les grands commerçants et qu’un point de saturation pourrait être atteint dans les prochaines années, l’industrie ne devrait pas décliner pour autant parce que ça permettra aux meilleurs microbrasseurs et à leurs meilleurs produits de se tailler une place de choix. Ce sont les consommateurs qui risquent de dicter cette place.

De passion à carrière

Elie Bobotoni a 25 ans et est gérant de la microbrasserie HELM située sur la rue Bernard dans le Mile-End, à Montréal. Travaillant dans l'industrie brassicole depuis environ 7 ans, il a pu observer une effervescence et un changement de la clientèle à travers les années et à travers le développement des microbrasseries québécoises.

Y'a-tu de la bière icitte ?
Y'a-tu de la bière icitte ?
Arrière de la microbrasserie HELM, là où leur bière est brassée | Photos : Laurence Philippe
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<![CDATA[Improvisation journalistique ayant pour titre... La créativité artistique]]>
L'improvisation est une des formes d'art les plus invitantes mondialement poussant à rendre le public directement impliqué dans le spectacle grâce aux votes. Pourtant, beaucoup sont terrifiés à l'idée d'aller sur la scène tandis que d'autres admirent les bienfaits créatifs que l'improvisation peut apporter. 

UN REPORTAGE D'HUGO RAICHE ET

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https://edm4455.uqam.media/la-creativite-artistique-derriere-limprovisation/ 5cbfb9870e1cf10e3b2f79e0 Wed, 24 Apr 2019 09:14:35 GMT
L'improvisation est une des formes d'art les plus invitantes mondialement poussant à rendre le public directement impliqué dans le spectacle grâce aux votes. Pourtant, beaucoup sont terrifiés à l'idée d'aller sur la scène tandis que d'autres admirent les bienfaits créatifs que l'improvisation peut apporter. 

UN REPORTAGE D'HUGO RAICHE ET DE GUILLAUME WHALEN

L’improvisation fait partie du patrimoine culturel du Québec. Plusieurs grands noms du «showbizz» ont passé par l’improvisation au niveau secondaire et collégial pour se forger leur carrière telle qu’elle est aujourd’hui. Certains ont eu une piqûre si forte que c'est l'improvisation qui les ont poussés à vivre de la scène.

Nous avons réalisé des brèves capsules vidéo auprès de quatre étudiants soit deux en art dramatique et deux autres en humour. Dans chacun de ces milieux, un se réclame pleinement de l'improvisation tandis que son homologue avoue en éprouver des réticences. Un seul qui vit sa vie d'artiste et en fait son métier a été interviewé.  

Nous nous sommes penchés sur l'humour et le théâtre parce que l'improvisation est un heureux mélange entre le rire, l'émotion et l'écriture dramatique. Pour certains, il est curieux d'observer la différence entre les humoristes et les acteurs lorsqu'ils improvisent. Les humoristes auront plus tendance à chercher le rire et à gagner l'amour du public puisque c'est ainsi qu'ils font des spectacles. En humour tu présentes ta personne sur une scène et il peut être terriblement blessant pour la confiance en soi de ne pas sentir l'approbation de ses pairs. «La source de nos angoisses et de nos doutes, surtout dans le milieu de l'humour à savoir si on est capable, pourrait disparaître par l'impro parce que le but c'est d'avoir du fun et d'essayer des affaires», a renchéri Dominique Allard, un finissant à l'École nationale de l'humour.

En théâtre, il y a plus de subtilité puisque les comédiens jouent un personnage qui n'est pas le leur. «L'improvisation n'est pas toujours un avantage puisqu'il y a la quête du rire. Tu ne joues plus et tu joues surtout seul quand tu as seulement cet objectif en tête. Ce réflexe d'improvisateur est regrettable et il faut le laisser de côté», exprime Francis Sasseville, professeur de théâtre.


LE THÉÂTRE

« Quand j’ai découvert que le théâtre et l’impro étaient liés, j’ai trouvé ça bien amusant. J’avais le goût d’exploiter quelque chose que je ne connaissais pas en moi à ce moment-là»
Francis Sasseville au Lion d'Or (Rue Ontario) lors d'un spectacle de la LIM (Ligue d'Improvisation Montréalaise). Chaque dimanche, les improvisateurs proposent une thématique unique qui change de semaine en semaine. L'impro a été créé sous les fondements du hockey; la LIM en revanche oublie la compétition. Aucune défaite, aucune victoire : les artistes jouent pour le public Crédit photo : Jules Bédard

Toutefois, pour lui, le style dit plus «théâtral» vient prendre le dessus sur tous les autres types, car celui-ci permet au spectateur de rentrer dans l’atmosphère du spectacle plus facilement. De plus, du côté du comédien, la recherche du sentiment de satisfaction après un «punch» est beaucoup moins présente qu’avant. En effet, le fait de pouvoir submerger l’auditoire dans une atmosphère créée au fur et à mesure est une expérience scénique beaucoup plus gratifiante.

Jeane Landry-Proulx à la Tab, une ligue de bar au Saint-Houblon (Côte-des-Neiges) en pleine fusillade. Cette catégorie est souvent utilisée pour réchauffer les joueur(euses) au début du match. Il s'agit en fait de la forme d'improvisation la plus pure du jeu puisque l'interprète reçoit son thème dès qu'il arrive sur scène. Sinon, la fusillade fait office de prolongation. Crédit photo : la TAB

Beaucoup reprochent à l'improvisation qu'il s'agit d'un petit milieu qui pousse au culte de la personnalité. «Il y a un nivellement vers le bas dans beaucoup de petites ligues de bar», affirme Nahéma Ricci, comédienne et improvisatrice à temps partiel. En effet, le public est saoul et demande à rire instantanément si bien que les histoires et l'écriture dramatique sont laissées de côté au profit du punch et de la blague.

Beaucoup préfèreraient que le carcan de l'impro soit désacralisé et encouragent une pratique plus assidue d'une nouvelle forme d'impro plus pure, soit du théâtre spontané sans public. C'est en effet pour le public que certains joueurs deviennent cabotins. Comme Francis Sasseville l'a mentionné un peu plus haut, après plus de vingt ans à effleurer et à s'initier à toutes sortes de formes d'improvisation, pour lui, le style dit plus «théâtral» vient prendre le dessus sur tous les autres types.  

Thomas Derasp-Verge a sa dernière année d'improvisation au Cégep Maisonneuve. Il jouait dans la ligue des Pamplemousses au sein des Vikings. Chaque Cégep a sa thématique d'impro en ce qui attrait aux noms. Pour Maisonneuve, il s'agit de vieux peuples moyenâgeux (Celtes, Gaulois, Bretons et Vikings) Crédit photo : - Improvisation Maisonneuve

L'HUMOUR

«L'impro c'est du théâtre cosom. Au hockey cosom, tu joues avec pas beaucoup d'équipement dans un petit gymnase, mais ça reste du hockey. C'est la même chose avec l'impro tu joues en jogging, mais ça demeure du théâtre», Frédéric Barbusci, improvisateur à la LNI.

«L'impro incarne tout ce que je recherche comme objectif de vie parce que mon but a toujours été de devenir un meilleur être humain. L'improvisation pourrait m'amener à ça car elle me force à toujours vivre le moment présent»

Entrevue ayant eu lieu avec Nahéma Ricci, la future Antigone dans le film éponyme de Sophie Deraspe, et Clara Vecchio, metteur en scène de la pièce Kids en Serbie traitant de la guerre civile qui y fait rage. Deux filles qui ont touché à l'improvisation au cégep sans en faire une vocation.
«Improve is the antithesis of anxiety» - Emma Stone, une citation reprise par Nahéma Ricci (représentée sur la photo) pour lui donner le souffle nécessaire pour se mettre en jogging sur un improvisoire. En impro, il est interdit de fumer sur une scène, il s'agirait d'un accessoire illégal - il faut créer à partir de son corps et de sa tête - or en impro «on ne veut pas le savoir, on veut le voir». Crédit photo : Théâtre du Cégep Saint-Laurent

LES PERCEPTIONS DU PUBLIC SUR LES VERTUS DE L'IMPROVISATION

Nous avons mis sur pied un sondage pour découvrir s'il y a beaucoup de gens qui font de l'improvisation. Tranquillement un constat clair s'est frayé un chemin plus nos entrevues et recherches ont avancé. L'improvisation demeure un outil pédagogique qui est utilisé par beaucoup de professeurs de théâtre et d'humour même si les élèves n'en ont jamais fait. C'est pourquoi tous les comédiens et humoristes ont déjà goûté à cette forme d'art éphémère.

Nombreux sont les étudiants de l’UQAM ou bien venants d’écoles concentrées sur le théâtre qui ont répondus. Le collège Lionel-Groulx situé à Sainte-Thérèse et le Cégep de St-Hyacinthe ont été les deux établissements avec les plus hauts taux de répondants que ce soit d'actuels élèves comme d'anciens.

Une seule personne de plus de 35 ans a répondu au sondage. Il faut aussi comprendre que cette étude faisant appel au public a été mise en ligne il y a près d'une semaine, alors peu de personnes ont pu y répondre. D'autant plus que ce questionnaire n'a pas eu autant de visibilité que souhaitée puisqu'il a seulement circulé sur Facebook. Il y a aussi beaucoup plus de formation offerte en art dramatique qu'en humour, c'est pourquoi le nombre de comédiens est trois fois plus grand que celui des humoristes.
Cette question a été posée pour ceux et celles qui ont déjà fait de l'improvisation. Elle ne s'adressait pas exclusivement aux comédien.nes et humoristes. La grande majorité est d'accord : L'impro est un bienfait pour avoir de nouvelles idées.
Neuf personnes pensent que l'improvisation n'est pas primordial pour un artiste qui performe. Il s'agit plutôt d'un atout qui peut considérablement aider. Certains affirment même que l'impro les aide beaucoup dans la vie tous les jours que ce soit pour les oraux et les entrevues de job. En théâtre, l'impro peut être utile lors des auditions lorsque le metteur en scène indique des nouvelles directions. En audition, il faut toujours avoir le réflexe de se revirer et de s'adapter.
Cette question a été posée pour ceux et celles qui ont déjà fait de l'improvisation. Elle ne s'adressait pas exclusivement aux comédien(nes) et humoristes. La grande majorité est d'accord : L'impro est un bienfait pour avoir de nouvelles idées.

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<![CDATA[PROXÉNÉTISME À L'ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX : UNE PARTIE DE PÊCHE]]> https://edm4455.uqam.media/proxenetisme-a-lere-des-reseaux-sociaux-une-partie-de-peche/ 5cb004d00e1cf10e3b2f6d9b Wed, 24 Apr 2019 06:35:32 GMT Ils se considèrent comme des sauveurs. Lorsqu’ils abordent une fille qui affiche ses problèmes personnels sur les réseaux sociaux, ils se présentent comme quelqu’un qui la comprend, qui peut la réconforter, qui lui propose un monde idéal où elle n’aura plus jamais à s’en faire, un monde rose et riche. Or, ce rêve n’est qu’une illusion, puisque ces jeunes hommes sont en fait des proxénètes. S’ils approchent ainsi les jeunes femmes sur les réseaux sociaux, c’est pour dénicher la prochaine proie parfaite dont ils pourront retirer un maximum de profit. PROXÉNÉTISME À L'ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX : UNE PARTIE DE PÊCHE

Un reportage de Wiam Dahbi et Audrey McLean

Facebook, Instagram, Twitter, Tinder. Ces plateformes web accumulent d’énormes quantités d’informations sur chacun de ces utilisateurs. Des gens qui y exposent trop souvent leur vie entière, sans se soucier de ce qu’une bonne partie des contenus affichés y soit également accessible pour tous, déplore Diane Veillette, agente au Service de police de la ville de Montréal et co-fondatrice avec Josée Mensales du programme des Survivantes. «Les proxénètes regardent les profils, les étudient. Ils vont à la pêche», affirme-t-elle.

Que ce soit sur les activités préférées ou l’état d’esprit des jeunes filles, l’information qui circule sur les réseaux sociaux facilite considérablement la confiance que les proxénètes cherchent à instiller dans l’esprit de leurs prochaines victimes. Ils peuvent donc aisément se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, et ainsi tisser une relation de dominant dominé avec leurs victimes. «Pour la jeune fille, elle ne va pas évidemment d’entrée de jeu penser que c’est son pimp. Ça va être son chum, son amoureux. C’est par la suite que la relation se découvre sous son vrai jour», ajoute Mélanie Thivierge, présidente-directrice générale du Y des Femmes à Montréal.

Marie Drouin, intervenante à la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), croit que l’avènement des réseaux sociaux a d’abord contribué à diversifier les profils de femme recrutée pour la prostitution. «Ce qu’on voit avec les réseaux sociaux, c’est qu’on peut aller chercher toutes les filles qui présentent des signes de vulnérabilité. »

Cliquez sur la touche «lecture/pause» ci-dessous pour écouter

Avec la popularisation des plateformes web, les victimes d’exploitation sexuelle ne correspondent plus à un créneau en particulier. «C’est devenu un crime d’opportunité qui touche toutes les couches de la société. Que tu sois médecin, que tu sois le plus haut placé en politique, aucun parent n’est à l’abri de ça», explique l’agente Mensales. «Nous avons certainement vu une évolution depuis l’avènement des réseaux sociaux», renchérit sa collègue, Diane Veillette. Cela a changé notre profil de victime, cela a changé notre profil de proxénète, cela a même changé notre profil de client.»

Les policières Josée Mensales et Diane Veillette, co-fondatrices du programme des Survivantes au SPVM (Photo : Josée Lecompte)

Dealan* est un jeune homme dans la mi-vingtaine. Comme la plupart des jeunes à cet âge, il étudie en vue d’obtenir son diplôme collégial. La jeune fille qui travaille pour lui désire également compléter ses études supérieures. Ils sont tous les deux issus de milieux que l’on n’associe habituellement pas au monde interlope.

Or, leur relation n’a rien de commun. Dealan a choisi de gagner sa vie en poussant des filles à se prostituer, et une fois que sa victime a bien mordu à l’hameçon, il peut tout exiger d’elle.

PROXÉNÉTISME À L'ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX : UNE PARTIE DE PÊCHE
Photo : Audrey McLean

« On [les proxénètes] va remarquer quand la fille est vraiment prête à tout faire pour de l’argent facilement et rapidement, ou quand elle est dans une situation difficile, explique-t-il. À un moment donné, on trouve soit une raison pour qu’elle fasse ça [se prostituer] ou on va lui dire que tout ce qu’on lui a payé, elle doit le rembourser en faisant ça. »

Dealan a observé que les filles ne sont pas nécessairement attirées par l’argent facile et le besoin d’attention. «Parfois, c’est des filles qui sont déjà riches à la base, mais qui veulent juste vivre le trip, le mode de vie» affirme-t-il. «Aujourd’hui, [...] les carences sont différentes. Ça peut être affectif, ça peut être monétaire, ça peut être à cause d’une dépendance à la drogue, ça peut être parce qu’on veut le faire», confirme l’agente Josée Mensales.

Cliquez sur la touche «lecture/pause» ci-dessous pour entendre le témoignage de Dealan. Illustration : Wiam Dahbi

Intervention terrain

Si les réseaux sociaux représentent une mine d’or d’information pour les proxénètes, ils s’avèrent également pratiques pour les professionnels qui interviennent auprès des victimes. « Ça nous permet d’avoir un contact plus rapide, de toucher plus de personnes, donc d’aider plus de gens », explique Danny Lévesque, intervenant web pour le Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ).

Son métier de travailleur web « urbain » consiste à accompagner les victimes qui auraient besoin de se confier, d’obtenir des conseils ou de l’aide pour prendre des rendez-vous dans les cliniques médicales ou chez un psychothérapeute. Grâce à sa présence sur une multitude de plateformes web, telles que Facebook et Messenger, les jeunes filles qui désireraient avoir de l’aide peuvent communiquer avec lui à tout moment, et ce, peu importe la raison.

« C’est sûr que les réseaux sociaux facilitent beaucoup les contacts entre les proxénètes et les jeunes filles », explique l’intervenant, mais c’est loin de nuire à son travail, bien au contraire. Le suivi auprès des victimes n’en est que plus accessible. « Si je vois qu’une personne fait un post sur Facebook où elle semble heureuse, je peux facilement faire un suivi et lui dire que je suis content de voir qu’elle va bien. Au contraire, si la personne fait un post inquiétant, je peux lui envoyer un message d’encouragement. Ça va dans les deux sens. »

Combattre le feu par le feu

Le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée internationale des femmes, sept personnalités québécoises adorées des jeunes filles, soit les actrices Ludivine Reding (connue pour son rôle dans l’émission Fugueuse), Catherine Brunet, Julianne Côté, la joueuse de tennis Françoise Abanda, les youtubeuse Gloria Bella et Noémie Bannes et l’auteure jeunesse Sarah-Maude Beauchesne, ont publié des photos et des stories sur Instagram avec un lien menant vers des cadeaux gratuits pour leurs followers. Or, le lien les menait en fait vers la page web #LaisseToiPasAcheter, une initiative de l’organisation du Y des femmes.

Le but de la campagne ? Sensibiliser les jeunes filles contre l’exploitation sexuelle, plus précisément sur les techniques de recrutement que peuvent utiliser les proxénètes via les réseaux sociaux, en piégeant les adolescentes de la même manière qu’un proxénète l’aurait fait par ces plateformes web. « Les réseaux sociaux leur permettent de gagner du temps, ce qui est très triste en soi comme constat explique Mélanie Thivierge, de cette façon-là, ils peuvent courir après plusieurs victimes à la fois. »

Entrevue avec Mélanie Thivierge, PDG du Y des Femmes de Montréal

Le jour même, l’offre de cadeaux a attiré près de 28 000 personnes vers la page web de sensibilisation. Deux semaines plus tard, Mélanie Thivierge estime qu’il y a eu plus de 47 000 visionnements du micro-site. Selon elle, il reste difficile de savoir si les «clics» représentent réellement la clientèle ciblée, soit les jeunes filles, et si cette clientèle était à risque, ou pas, de tomber dans ce type de piège trop souvent utilisé par les proxénètes.

PROXÉNÉTISME À L'ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX : UNE PARTIE DE PÊCHE
illustration : Wiam Dahbi

Du virtuel à l'école

Bien qu’elle réussisse à rejoindre une vaste audience, ce type de campagne de sensibilisation n’est pas suffisant. Marie Drouin croit quant à elle que la prévention, ça commence d’abord à l’école primaire. « Les proxénètes vont les chercher très jeunes, à peine âgée de 12 ans », explique-t-elle, en disant que c’est à cause de la demande si l’âge de sélection ne cesse de diminuer. Selon le Y des femmes, la moyenne actuelle de recrutement à des fins d’exploitation sexuelle est de 14,7 ans chez les jeunes filles.

Cliquez sur la touche «lecture/pause» ci-dessous pour écouter

Diane Veillette admet que la prévention dans les écoles est nécessaire, mais pas à n’importe quel prix. «Il faut y aller, mais il y a des façons de faire. Ça doit être structuré par les bonnes personnes», précise-t-elle. Selon elle, la prévention devrait être faite par des professionnels du sujet, comme des sexologues formées. Les risques d’une formation mal préparée et mal livrée à son public? «Ça peut faire basculer les personnes qui pourraient vouloir aller dans le milieu», a-t-elle tranché.

Au Y des femmes, une série de projets a également été mise en place afin de lutter contre l’exploitation sexuelle et de sensibiliser les jeunes à être très vigilants face à ce genre de situation. Si les intervenants travaillent d’abord avec les victimes, ils ont aussi instauré plusieurs ateliers de prévention dans les écoles montréalaises, allant du primaire jusqu’à l’université. Lors de ces rencontres, ils distribuent des brochures contenant des guides de ressources et des listes de possibles indicateurs de situation d’exploitation sexuelle. Leurs actions visent principalement le niveau secondaire, puisque c’est à cet âge, entre 12 et 16 ans, que les adolescents sont le plus propices d’être piégés. «La question de l’exploitation sexuelle, la question du consentement surtout, ce sont des sujets que nous abordons à travers nos divers projets. C’est notre action plus en profondeur, explique Mme Thivierge. Notre but est mobiliser la communauté afin de créer un filet de sécurité le plus tissé serré autour des femmes qui pourraient tomber dans ces pièges-là.»

Par contre, il ne faut pas oublier que l’entourage des victimes potentielles a une part de responsabilité dans la prévention de l’exploitation sexuelle, selon Josée Mensales. Oui, il est important de faire de la prévention dans les écoles, mais ça commence d’abord à la maison. «Si le parent expose sa vie entière sur les réseaux sociaux, il ne doit pas s’étonner si l’enfant cherche à reproduire ses mauvaises habitudes sur le web. Ils peuvent faire partie de la solution. [...] Il faut baliser son utilisation et être conscient de cette utilisation-là, autant chez les jeunes que chez les adultes», indique la policière.

Mardi avait lieu avait le lancement du livre Mon ami… mon agresseur. Les agentes Josée Mensales et Diane Veillette du...

Posted by Service de police de la Ville de Montréal - SPVM on Thursday, April 4, 2019
Les policières Diane Veillette et Josée Mensales ont coécrit deux livres qui se basent sur leur expérience dans la lutte contre le proxénétisme au Québec

L’avènement des réseaux sociaux et leur impact sur le milieu de l’exploitation sexuelle ont obligé les autorités à réagir: le droit, les techniques d’enquêtes et  les interventions professionnelles se sont raffinés, afin de pouvoir suivre la cadence, explique l’agente Veillette. Cependant, des proxénètes comme Dealan auront toujours une longueur d’avance.

* Nom fictif, afin de préserver l’anonymat.

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<![CDATA[DROGUES ET CRÉATIVITÉ]]> https://edm4455.uqam.media/creativite-drogues/ 5cb7962d0e1cf10e3b2f713c Wed, 24 Apr 2019 04:45:38 GMT

Un reportage de Nina-Rose Cassivi, Raphaël Delaprée
et Marie-Provence St-Yves



DROGUES ET CRÉATIVITÉ

Depuis leur découverte par l’homme, les drogues semblent avoir été un élément clé et un outil pour de nombreux processus créatifs d’artistes. Les croyances populaires disent que les drogues rendraient plus créatif. Tout au long de cette recherche, trois jeunes artistes et deux spécialistes ont posé un regard nouveau sur le rôle des drogues dans la créativité artistique. La consommation de substances stimulerait l’imagination : mythe ou réalité ? Les artistes sont-ils effectivement plus créatifs grâce aux drogues, ou pourraient-ils l’être tout autant sans consommer ?

Ce reportage, abordant la mince frontière entre la drogue et la créativité, s’inspire du travail effectué par Bryan Lewis Saunders, artiste de performance né en 1969 aux États-Unis, qui est « à la recherche de nouvelles expériences pouvant affecter sa perception de lui-même et de son environnement ». Il a décidé de prendre une drogue différente chaque jour et de réaliser un autoportrait sous les effets de chacune d’elles, ce qui a donné des résultats assez étonnants et variés.

DROGUES ET CRÉATIVITÉ
Quelque portraits de Bryan Lewis Saunders réalisés sous l'effet de drogues

La majorité des artistes rencontrés ont confié que les drogues qu’ils consommaient leur apportaient un sentiment de légèreté et de bien-être, ce qui les pousse à en prendre lorsqu’ils créent. Or, selon une étude menée aux Pays-Bas à l’Université de Leyde en 2016, le cannabis réduirait la créativité et pousserait plutôt les consommateurs à commettre des erreurs, tout en abrégeant leurs idées à éclore. Les conclusions sur le sujet restent vastes puisque les avis sont mitigés. Certaines drogues aideraient les gens déjà créatifs (dont les artistes) à ouvrir de nouveaux horizons d’inspirations. On ne devient donc pas créatif en consommant, on l’est déjà avant de consommer. C’est peut-être justement cette créativité qui pousse les artistes à être curieux d’explorer leurs habiletés créatives en essayant des drogues.

Nous avons réalisé un sondage auprès de 50 personnes pour connaître l’avis du grand publique sur les drogues et la créativité. Les résultats, assez surprenants, indiquent que 88% des gens sondés, de tous âges confondus, ont déjà consommé de la drogue au moins une fois dans leur vie. Parmi eux, 80% aiment les effets ressentis. Presque 84% de ces personnes pensent qu’un artiste ne pourrait pas refaire la même œuvre sans drogue. Plus de la moitié des gens sondés croient fortement qu’il y a un lien direct entre la créativité et les drogues.

DROGUES ET CRÉATIVITÉ
Graphique des résultats du sondage pour la question: Pourquoi certains artistes consomment des drogues?
DROGUES ET CRÉATIVITÉ
Graphique des résultats du sondage pour la question: Est-ce qu'une oeuvre créée 100% sous l'effet de drogues peut totalement appartenir à l'artiste?

Découvrez ci-dessous les artistes et spécialistes qui démystifient le mythe des drogues qui rendent les gens créatifs.


Yannick Fornacciari

DROGUES ET CRÉATIVITÉ
Photographie du projet Heroin days de Yannick Fornacciari

Yannick Fornacciari est un photographe français né à Aix-en-Provence. Il a vécu une descente en enfer pendant 3 ans dans le monde de la drogue dure. Installé à Montréal depuis 2013, il a décidé de s’emparer de son appareil photo pour raconter la période la plus sombre de sa vie dans l’optique d’humaniser l'univers de la toxicomanie.

L’exposition « Heroin Days » est comme un journal intime visuel où il fait beaucoup de portraits de gens qu’il rencontre et y montre des photos que ses proches ont prises de lui pendant les trois années où il était dépendant à l’héroïne. Cette exposition a connu un grand succès, mais le photographe ne veut pas que son travail ne se résume qu’à cela. Yannick a essayé les drogues à un jeune âge. Il a commencé par fumer des joints, puis à 18 ans, il a essayé l’héroïne.

Adolescent, la curiosité de Yannick l'a mené a explorer la diversité des drogues. Il a tout goûté : le crack, le crystal meth, les champignons, l’ecstasy, le speed, mais il n’y a que l’héroïne qui l’a plongé dansla dépendance. Ayant cette envie de pimenter sa vie en essayant toutes sortes de drogues, il souhaitait avant tout connaitre les capacités de son esprit et de son cerveau. Il désirait aussi pousser les limites de son intelligence, explique-t-il.

DROGUES ET CRÉATIVITÉ
Photographie du projet Heroin days de Yannick Fornacciari

« J’ai commencé à 18 ans à consommer des antidouleurs et j’ai continué pendant des années jusqu’à la crise des opiacés et que je ne puisse plus continuer à obtenir mes antidouleurs chez le médecin, ce qui a fait que j’ai dû aller dans la rue pour m’en procurer. Je n’ai pas pu trouver de l’aide alors j’ai dû me tourner vers la rue et c’est là que je suis tombé dans l’héroïne », explique le Français de 32 ans.

Il eut l’idée de faire son projet artistique « Heroin days » quand il a commencé à consommer la méthadone en 2018 dans le but d’arrêter petit à petit de consommer de l’héroïne. C’est à ce moment qu’il a commencé à être plus stable.

Yannick Fornacciari trouve que les drogues sont un bon moyen pour apprendre à se découvrir : «je trouve que les mentalités par rapport aux drogues sont assez limitées et qu’on a tendance à les diaboliser alors qu’elles offrent quand même une grande perspective de connaissance de soi ».

La drogue en général peut amener certains artistes à explorer des horizons. Il y a pleins de peintres qui se servent d’hallucinogènes, explique Yannick, qui a la conviction que la consommation peut avoir un certain effet sur la création.

Cependant, l’héroïne est pour Yannick synonyme d’exclusion sociale et de frein à son travail, car une fois devenu dépendant aux opiacés, sa créativité chutait drastiquement, allant à l’encontre de son désir de créer et de rencontrer des gens. Après avoir tiré un trait définitif sur l’héroïne, sa créativité est soudainement remontée en flèche.

Après les orages, le beau temps. Il a découvert une passion pour la photographie en couleur et la photographie argentique, qu’il ne pratiquait pas auparavant. Sa vie a énormément changé après qu’il ait décidé d’arrêter de consommer des drogues dures, car il a de nouveau rencontré des gens intéressants qui l’inspiraient et est sorti de sa zone de confort. Il a également recommencé à avoir des tonnes idées et à explorer de nouvelles techniques de photographie.

Aujourd’hui, Yannick est très impliqué dans communauté LBGTQ. Il est aussi le photographe officiel de Femen Canada.

DROGUES ET CRÉATIVITÉ
Yannick Fornacciari aujourd'hui

https://www.instagram.com/yannickfornacciari/?hl=fr-ca

Lien pour consulter le travail du photographe


Nicolas Mavrikakis

Nicolas Mavrikakis est un passionné d’histoire de l’art, matière qu’il enseigne au collège Jean-de-Brébeuf. En plus d’effectuer des critiques d’art dans le journal Voir, il prend plaisir à organiser des expositions et à peindre durant ses heures perdues. Nicolas Mavrikakis, avide de savoir, affirme que le rapport entre drogues et créativité est un phénomène existant depuis très longtemps, mais ayant pris de l’ampleur surtout au 19e siècle avec le romantisme.

Entrevue avec l'enseignant d'histoire de l'art et critique d'art, Nicolas Mavrikakis

Alexandre TTS

Entrevue avec le rappeur TTS

Alexandre, ou TTS de son nom d’artiste, est étudiant en design graphique. La musique et le cannabis font partie de son quotidien. Passionné d’art visuel, il s’amuse à créer ses pochettes d’album, et ce, toujours sous l’influence de cannabis. Cela lui procure un sentiment de légèreté et de bien-être et lui permet même de plus se « laisser aller » lors de ses enregistrements de chansons. Il admet que pour certaines étapes de son travail, il ne consomme pas pour être vraiment concentré.


Cathy Lebeau

Cathy Lebeau est étudiante en psychologie à l’UQAM. Elle se penche sur les effets que la drogue occasionne sur le cerveau humain. Elle démystifie le mythe concernant les artistes connus qui ont longuement consommé des substances tels que de l’alcool en abondance, le cannabis et les drogues hallucinogènes. Cathy Lebeau explique les effets de ces drogues sur le cerveau des artistes qui en consomment et les effets qui peuvent en découler.


Arnaud Bellemare

Arnaud Bellemare est un jeune ambitieux qui adore philosopher sur la vie et accéder à un monde de réflexions profondes. Il a commencé à fumer du cannabis jeune, mais il considère que cela ne lui apporte que de belles choses dans la vie. Consommer en fumant fut une révélation pour lui puisqu’il s'y découvra une passion pour la peinture et la photographie. Il aime s’évader dans un monde où tout lui semble simple, loin de la réalité stressante du quotidien, raconte le jeune artiste.

Entrevue avec l'artiste visuelle Arnaud Bellemare

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<![CDATA[La reconnaissance de l'architecture, c’est culturel !]]> https://edm4455.uqam.media/reconnaissance_architecture_culture/ 5cbf30c70e1cf10e3b2f7528 Wed, 24 Apr 2019 04:14:07 GMT

Au Québec, l’architecture fait face à un manque de reconnaissance de la part des citoyens qui sont parfois désintéressés à la discipline, mais des initiatives voient le jour afin de la démocratiser.

Selon la directrice du Centre de Design de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) Louise Pelletier, l’architecture est, d’un point de vue général, quelque chose qui est pris pour acquis. « On travaille toujours dans des environnements construits lorsqu'on va à l’école ou au travail et on oublie que ces espaces ont été construits et conçus », explique-t-elle.

À son avis, si la population ne s'intéresse pas à l’architecture autant qu’elle le devrait, c’est avant tout pour une raison culturelle. « Il y a des milieux et certaines cultures où l'architecture est très présente, exprime Mme Pelletier. En Italie, par exemple, l'architecture c’est une formation de base. Ils ont des salles de cours avec des milliers d’étudiants et tout le monde va étudier l’architecture un moment donné dans leur vie et même au secondaire ils ont des cours sur l’architecture ».

Selon le professeur à l’École de design de l’UQAM, Carlo Carbone, l’architecture est vue comme une discipline trop spécialisée au Québec. « On dit souvent que les architectes sont des incompris, mais peut-être nous sommes des incompris parce qu'on n'a pas réussi à partager et à démocratiser les valeurs qu’on essaie de communiquer, pense-t-il. L’idée d’être architecte, c’est aussi l’idée d’être missionnaire et d’éduquer la population. »

La reconnaissance de l'architecture, c’est culturel !

C’est ce rôle qu’à décider d’endosser le chroniqueur en développement urbain Marc-André Carignan. « Le rôle de l’architecte est très mal compris, affirme-t-il. C’est mon objectif de mettre des architectes sur la map et d’en parler, car plus on va en parler, plus les architectes vont se prononcer sur la place publique. » Selon M. Carignan, il est fréquent de voir en Europe des architectes avec une tribune, ce qu’on ne voit presque pas ici.

Sensibiliser les plus jeunes

La directrice générale et cofondatrice de Kumulus, Anne-Claire Richard, est originaire de France et constate une différence culturelle dans la valorisation de l’architecture. « Cela est dû au fait que l’histoire du Québec est complètement différente et plus récente », pense-t-elle.

Kumulus est une organisation qui a pour mission de sensibiliser les enfants de 3 à 12 ans à des notions d’architectures et de design à Montréal et ailleurs en organisant des ateliers. « On a décidé de lancer Kumulus à Montréal qui est une ville UNESCO de Design depuis 2006, dit-elle. Donc il y a un bureau du Design qui est implanté à l'hôtel de ville et qui travaille à la sensibilisation au design. »

Kumulus offre des formations conçues en fonction de l’âge des enfants dans les garderies, dans les bibliothèques et les écoles primaires. « Quand on est petit, on est plus proche de soi et lorsqu’on grandit on développe une conscience d’une maison, du quartier, du monde. C’est un peu le concept des poupées russes, explique Anne-Claire Richard. On a donc basé nos ateliers sur cela. »

Un des ateliers pour les 5 à 8 ans s'appelle « maison en sucre » et sert à sensibiliser les enfants aux cubes de toutes formes comme sont enseignés à l’école au Québec l’apprentissage du volume et la géométrie. « On leur montre une série de photos prises à Montréal comme Habitat 67, mais aussi d’autres projets comme la maison Coloniale qui est sur la rue Marie-Anne, qui est faite de cubes superposés », illustre-t-elle.

Une amélioration notable

À l’aide d'initiatives comme Kumulus, mais aussi un effort de la part de la presse quotidienne et l’ordre des architectes, l’architecture et le design se démocratisent de plus en plus et la population s’y intéresse davantage. « On en parle plus qu’on en parlait, pense le chroniqueur urbain Marc-André Carignan. Ça fait jaser, car quand j’écrivais des articles dans le journal, c’était toujours des articles les plus lus de la journée ou de la semaine. »

Le professeur Carlo Carbone remarque aussi une évolution positive dans ce sens.    « Quand on regarde les 15 dernières années et qu’on les compare à aujourd’hui, il y a beaucoup plus de gens qui peuvent nommer un architecte québécois parce que c’est beaucoup plus médiatisé qu’avant », exprime-t-il.

La directrice du Centre de design Louise Pelletier estime de son côté qu’il devrait y avoir des cours d’introduction à l’architecture et au design au niveau secondaire. « De la même façon qu’il y a des cours de musique, des cours d’arts plastiques ou des cours d’introduction au design, on pourrait en intégrer dans les cours d’univers social », suggère-t-elle.


La reconnaissance de l'architecture, c’est culturel !

L’architecture intéresse de plus en plus le grand public. Cela dit, il est possible que vous vous retrouviez au beau milieu d’une conversation sur le sujet à votre prochain party. Pour éviter l’humiliation, testez vos connaissances aujourd’hui sur l’architecture montréalaise avec notre quizz ludique.

Photos: Ludovic Théberge // Archives de la Ville de Montréal

Vous avez enregistré un résultat inférieur à 6/10? Votre excuse: «ça ne m'intéresse pas l'architecture». Voici, selon le chroniqueur urbain Marc-André Carignan, pourquoi tout citoyen devrait s'intéresser à l'architecture.


La reconnaissance de l'architecture, c’est culturel !

Trois innovations qui influenceront le travail des architectes de demain

  • « Le big data dans le domaine du bâtiment, ça amène une véritable révolution. » Pour le professeur Carlo Carbone, l'accumulation massive de donnée lié à des composantes d'un bâtiment permet aux architectes d'optimiser leurs planifications. Dans ce cours vidéo, le professeur vulgarise comment des données peuvent influencer positivement le travail des architectes.
  • Autre innovation dans le monde de la technologie: la modélisation 3D. « Le fameux plan en 2D qu’on voit du dessus, maintenant on peut en faire en 3D », résume le Marc-André Carignan. Au Québec, cette technologie a notamment été utilisée dans la construction du Centre Vidéotron de Québec. Si elle était plus marginale qu'ailleurs il y a quelques années, le chroniqueur urbain estime que le Québec commence à se rattraper.

  • Toujours dans le 3D, cette fois c'est l'imprimante 3D qui pourrait venir transformer l'industrie. De plus en plus populaires, ces imprimantes ont la capacité de matérialiser une création numérique. Toutefois, le milieu de l'architecture reste timide face à cette technologie selon Marc-André Carignan. « Mais ça s’en vient chez nous et dans notre quotidien, ajoute-t-il, j’ai l’impression que c’est la prochaine révolution technologique ». Il note par exemple qu'en Chine, des ponts et des maisons ont déjà été fabriqués grâce à l'imprimante 3D. « Ça risque de changer la façon de faire les choses ici », prévoit-il.
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<![CDATA[Été ou hiver, les automobilistes ne font pas la distinction]]> https://edm4455.uqam.media/collisions-hivernales/ 5cba54fe0e1cf10e3b2f735e Wed, 24 Apr 2019 03:21:26 GMT Auteurs : Mathieu Aubry et Vincent Demuy

L’hiver de cette année 2019 n’a pas été de tout repos pour les automobilistes du Québec. Verglas, tempêtes de neige et même de la pluie à certains moments ont causé plusieurs sorties de routes tant en milieu urbain que rural.

Malgré ces changements climatiques qui compliquent les conditions des routes en période hivernale, les récents progrès des conducteurs sont notables, et ce, peu importe la saison. Tellement, que le nombre d’accidents sur les routes québécoises a baissé de plus de 30 % entre 2006 et 2014 selon des statistiques de la Société de l’Assurance automobile du Québec (SAAQ).

Cette statistique comprend tous les types de conséquences reliées à un accident automobile qu’il s’agisse d’un accident entraînant la mort, les blessures graves et légères ou bien seulement des dommages matériels.

Été ou hiver, les automobilistes ne font pas la distinction
Source : Sureté du Québec
La raison la plus évidente : l’instauration par le Ministère des Transports (MTQ) d’un programme pédagogique structuré s’échelonnant sur une période d’une année complète afin d’enseigner convenablement aux jeunes conducteurs tout ce qui englobe la conduite automobile.

« En 2010, le ministère des Transports a décidé de ramener les cours obligatoires pour réduire les effets du bilan routier qui étaient très élevés chez les jeunes conducteurs. Les résultats sont là. Il y a eu une baisse significative au niveau des accidents », a déclaré Éric Martin, porte-parole de la populaire école de conduite Tecnic.

Été ou hiver, les automobilistes ne font pas la distinction
Source : Groupement des Assureurs Automobiles du Québec 

Là où les choses se compliquent, c’est surtout l’hiver. Selon des chiffres offerts par le Groupement des assureurs automobiles (GAA), la hausse des réclamations qui surviennent en période hivernale à la suite de collisions est considérable si on la compare avec les autres saisons.

Été ou hiver, les automobilistes ne font pas la distinction
T1= Janvier à Mars T2= Avril à Juin T3= Juillet à Septembre T4= Octobre à Décembre
Dans le cadre de cette enquête, divers intervenants du domaine automobile ont été sondés afin d’identifier les différentes causes possibles pouvant expliquer l’augmentation des incidents de la route ayant lieu l’hiver.

Des montages audios sont d'ailleurs à votre portée (ci-dessous) afin d'entendre leurs différents points de vue :

Même si plusieurs d’entre eux s’entendent pour dire que le principal obstacle demeure les distractions au volant, mais surtout l’usage prohibé du cellulaire lors de la conduite, d’autres facteurs peuvent expliquer ce phénomène.

L’entretien inadéquat de la chaussée, le vieillissement des conducteurs québécois et la prévention déficiente aux conditions hivernales de ces derniers sont des facteurs explicatifs selon nos intervenants, mais c’est davantage au niveau comportemental qu’il y aurait un manque à combler.

Les conducteurs québécois n’ont peur de rien

« Le sentiment d’invincibilité », « les gens n’adaptent pas leur conduite » et « ça arrive juste aux autres ».


Voilà des termes qui sont revenus à outrance de la part de nos différents intervenants lorsque questionnés au sujet des comportements des conducteurs québécois en situation hivernale.

Comme quoi ne pas avoir peur ne rime pas toujours positivement.

« Les jeunes, dès qu’ils ont leur permis de conduire, c’est terminé pour eux, a confié le porte-parole chez Tecnic. Ils peuvent se sentir à l’abri de tout. Ils se jugent prêts dès qu’ils ont passés leur examen. »

Éric Martin voit d’un bon œil l’arrivée des nouvelles technologies offertes à l’achat d’un des plus récents modèles de véhicules mentionnant au passage que cela contribue à « sauver beaucoup d’accidents ».

Toutefois, lorsque interrogé quant à savoir si les conducteurs québécois savent se servir intelligemment de ces luxueuses technologies, sa réponse a pris une tournure des plus inattendues.

« Probablement pas autant qu’ils le devraient, a-t-il martelé. Dans certains cas, ça leur donne même un sentiment de trop grande sécurité. »

Qui dit sécurité en hiver sur un véhicule, dit fort probablement 4 x 4. S’il est vrai que d’avoir un véhicule à quatre roues motrices peut vous éviter bien des ennuis lors des moments de fortes accumulations de neige, cela peut toutefois s’avérer être un couteau à double tranchant.

« Plusieurs VUS sont maintenant équipés d’une traction à quatre roues motrices, a affirmé Éric Martin. Ça donne un certain sentiment de sécurité aux gens qui est un peu surélevé et il n’y a rien de plus traître que de perdre le contrôle avec un 4 x 4, quand tu perds le contrôle, tu le perds pour de vrai. »

Été ou hiver, les automobilistes ne font pas la distinction


Comment alors réduire le nombre d’accidents en hiver?


La refonte des cours de conduite permet maintenant aux apprentis conducteurs d’avoir des cours échelonnés sur une période de douze mois. Aux yeux du porte-parole de l’école de conduite Tecnic Éric Martin, le changement législatif de 2010 évite maintenant aux néophytes de la conduite de condenser leur cours pendant une courte période.

«  En le faisant sur un an, une personne qui suit le programme normalement va conduire en période hivernale. Ce n’est pas comme avant où une personne pouvait compléter son cours en deux mois », assure-t-il.


Le cours de conduite dure maintenant un an et comprend quatre phases. Au travers de ses quatre phases, l’élève aura à effectuer quinze sorties sur route afin de se familiariser avec la conduite.

M. Martin rappelle que la SAAQ s’assure de l’application des cours de conduite et que c’est elle qui s’assure de la conformité de l’enseignement dispensé dans les écoles. L’objectif est donc de focaliser sur l’attitude et les comportements en route et par la suite sur la technique en tant que telle.

L’image suivante, fournie par l’école de conduite Tecnic, explique le cheminement auquel sera confronté un apprenti conducteur durant son parcours pédagogique.


Été ou hiver, les automobilistes ne font pas la distinction
La refonte des cours de conduite permet maintenant aux apprentis conducteur de pratiquer pendant un an. 
Avoir des cours l’hiver ne rime pas nécessairement avec des cours dans des conditions hivernales. Une simple analyse des derniers hivers permet de constater qu’il n’y a pas de précipitations durant l’entièreté de la saison hivernale.

Un élève qui se rend à son cours de conduite lors d’une tempête aura une meilleure connaissance des dangers et des risques reliés aux tempêtes.

En entrevue, Éric Martin rappelle que les quinze cours sont répartis sur l’ensemble d’une année et que nécessairement, des sorties sur route auront lieu en hiver.

« Dans le processus d’apprentissage, au niveau des quinze sorties en auto, il y en a une ou deux minimum qui vont se faire en période hivernale avec un moniteur et là on va focaliser sur la conduite hivernale », rassure le porte-parole.

Sillonnant les routes de l’Amérique du Nord depuis une vingtaine d’années, le camionneur Stéphane Piché abonde dans le même sens.

« C’est sûr et certain, que ceux et celles qui ont suivi leurs cours de conduite au niveau pratique dans des situations hivernales difficiles sont de meilleurs conducteurs que ceux qui l’ont eu plus facile », remarque-t-il après avoir passé plusieurs années derrière un volant.

Cours de perfectionnement sans étudiants...


En naviguant sur le site de l’école de conduite Tecnic, on remarque que deux cours spécialisés sur la conduite hivernale sont offerts. Le cours de conduite préventive sur surface glissante ainsi que le cours de contrôle du dérapage se spécialise aux conditions hivernales. Ces cours seraient-ils la solution afin de diminuer les accidents?

Fort probablement, mais le porte-parole de Tecnic concède qu’il n’y a très peu de conducteurs qui se payent ces cours. Une question d’argent, une fois de plus, alors qu’ils coutent moins de 150 $ par personne.

Le cours de dérapage est offert aux écoles de Brossard et de Laval, mais la clientèle ne se presse pas aux portes. L’année dernière, à peine une dizaine de personnes se sont inscrites à ce cours. Le cours était pourtant bien garni. Entre deux et trois heures de théorie et une heure de dérapage avec un formateur spécialisé.

« C’est un cours de conduite préventif en surface glissante. On offre de la théorie pendant deux ou trois heures où on parle de l’environnement, l’anticipation et la conduite défensive. Après ça, on focus sur les conditions environnementales et sur l’hiver. On est les seuls au Canada à avoir un cours sur l’hiver », explique fièrement le porte-parole de l’école Éric Martin.

Les quelques clients qui restent sont des entreprises publiques qui veulent diminuer les dépenses relatives aux accidents et qui veulent réduire les coûts reliés à leur parc automobile. Cette fois-ci, c’est la réduction des coûts qui attirent le peu de clients. « Ce sont des entreprises qui veulent réduire l’absentéisme lié à des accidents. Hydro-Québec est un de nos gros clients », remarque M. Martin.


La solution, c’est la prévention


Autant la Société de l’assurance automobile du Québec que la Sureté du Québec en passant par le Groupement des assureurs du Québec, ils sont tous unanimes. La prévention et les bons comportements sur la route sont la clé de la diminution des collisions lors des conditions hivernales.

Il appartient aux automobilistes d’anticiper les dangers sur la route en se préparant adéquatement avant de sillonner les routes de la province.
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<![CDATA[Ces mots qui vainquent l’isolement]]> https://edm4455.uqam.media/ces-mots-qui-vainquent-lisolement/ 5cbfa1270e1cf10e3b2f78af Wed, 24 Apr 2019 01:46:55 GMT

Audrey-Anne Blais et Lina Heckenast

Les soirées «micro ouvert» sont de plus en plus nombreuses à Montréal et permettent à tous et toutes de venir donner vie à leur plume devant un public respectueux et chaleureux. Entre passionnés des mots, les participants et participantes vont y lire des textes de tous genres. En plus de leur permettre de recevoir une certaine rétroaction pendant et après leurs performances, il s’agit d’une occasion de se faire entendre sur des enjeux personnels et sociaux.

Incursion dans cet univers ardent et inclusif.

Des espaces sécurisants

Béatrice Laurent est une habituée des soirées Vaincre la nuit, qui ont lieu tous les mois au bar le Quai des Brumes, depuis maintenant un an. Elle y apprécie l’ambiance agréable et la foule accueillante. «Sans jugements»: ce sont les mots sur lesquels elle insiste lorsqu’elle décrit le climat de l’évènement mensuel. La présence de musiciens et d’un artiste peintre sur scène l’a rend immédiatement à l’aise et lui permet de ne pas nécessairement être le centre de l’attention.

« J'ai commencé à lire pour un peu vaincre ma peur de parler en public, ça m'a beaucoup aidé pour mon anxiété sociale qui est vraiment intense, raconte-t-elle. Depuis que je lis là, c’est vraiment mieux. » Elle a également pu y trouver une certaine gratification, à force d’y développer et d’y améliorer son style littéraire.

« Partager mes textes m'a permis de me sentir "empowered" vis-à-vis les traumatismes que j'ai vécus. Maintenant, c'est plus pour faire face aux défis que je vis et partager mes textes [que je le fais], ça aide avec mon estime personnelle», précise Béatrice Laurent.


Béatrice Laurent a présenté deux textes lors de la soirée Vaincre la nuit du 25 mars 2019. 

« Les micros ouverts pour moi c'est un moment où je peux partager avec d'autres humains mes émotions et voir d'autres réalités, c'est vraiment un moment de partage et d'amour, la vulnérabilité est au coeur de ces soirées. » - Béatrice Laurent

C’est aussi le cas de Shades Lawrence, une artiste hip-hop montréalaise dont le style rappelle énormément le «spoken word». Elle raconte des histoires qui ont toujours une dimension sociale extrêmement importante. « J’ai fait face à de nombreux défis au niveau de ma santé mentale en 2014 et après avoir passé une année à guérir et à me transformer pour le mieux, j’ai senti le besoin de partager un peu mon histoire. C’est vraiment à ce moment-là que j’ai réalisé que je voulais écrire, raconte-t-elle. J’ai trouvé plusieurs soirées micro ouvert ou de slam sur l’île de Montréal. J’ai fait ma première performance ici dans le cadre d’une semaine de sensibilisation aux violences sexuelles. »

Selon elle, les micros ouverts sont définitivement importants dans le milieu de la poésie, parce qu’ils donnent accès à des lieux de partage sécuritaires et rassurants. « Il y a définitivement un désir de créer un espace qui n’existerait pas sinon pour ceux et celles qui commencent et spécialement pour les gens issus de certains groupes qui ne sont pas nécessairement représentés suffisamment », explique-t-elle. Elle-même organise à l’occasion des évènements liés à la performance et à la poésie. La construction d’un espace sécurisé est au coeur de sa démarche. « Je ne dirais pas que j’ai des règles à proprement parler, mais j’ai des lignes directrices. La plus importante, c’est le respect. Si tu n’es pas respectueux, tu ne peux pas venir. Je fais très attention à ça parce que c’est très difficile d’être libre de toutes discriminations, de sexisme, de racisme et de transphobie, par exemple», indique Shades Lawrence.

Selon Melyssa Elmer, qui organise et anime les soirées Vaincre la nuit depuis août 2015, il n’est pas rare que les micros ouverts aient cet effet sur ses participants. « Avec les années, j'ai eu la chance qu'on me partage des témoignages très touchants, où l’on me raconte que Vaincre la nuit a pu aider certains à sortir de l'isolement et se donner un projet: écrire un texte et le lire au micro, témoigne-t-elle. Je crois que ça peut donner confiance et qu'ils se sentent valorisés et écoutés. J'aime aussi l'idée de pousser les lecteurs et lectrices à écrire pour un autre public que leurs abonnés Facebook, ou à sortir les ''Notes'' de leur iPhone. »

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Ces mots qui vainquent l’isolement
La co-organisatrice et animatrice des soirées Vaincre la nuit débute l'événement avec un rappel des règles à suivre.
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Ces mots qui vainquent l’isolement
Les soirées Vaincre la nuit ont lieu tous les mois au Quai des brumes.
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Ces mots qui vainquent l’isolement
Simon Domingue, sous le pseudonyme de Gaspard Gasparov, a lu un texte sur les difficultés liées à la rédaction d'un mémoire de maîtrise.
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Ces mots qui vainquent l’isolement
Le portier du Quai des brumes profite d'un moment d'accalmie pour écouter quelques lectures.
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Ces mots qui vainquent l’isolement
Béatrice Laurent lit régulièrement des textes au Quai des brumes depuis maintenant un an. Cette performance fut l'une de ses préférées.
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Ces mots qui vainquent l’isolement
Le public de Vaincre la nuit est un des plus attentifs et respectueux, selon Ève Landry.
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Ces mots qui vainquent l’isolement
L'intersection de la rue St-Denis et de l'avenue du Mont-Royal est le repaire de plusieurs soirées micro ouvert.
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Ces mots qui vainquent l’isolement
Le Quai des brumes est une institution du monde artistique montréalais.


Juste en face du Quai des Brumes se trouve le Bistro de Paris, où Simon Domingue et Nicolas Jodoin, deux étudiants en linguistique et en études littéraires, organisent la soirée Bistro Ouvert, chaque deuxième dimanche de chaque mois. Eux aussi, ils y voient un baume pour les gens qui montent sur scène. « Il y en a qui n’ont rien d’écrit, mais qui viennent nous jaser. Ils viennent remercier les gens d’être une foule accueillante et de les faire sentir en sécurité », raconte Simon Domingue.

Ils réservent même une partie de la soirée, qu’ils appellent « les véritables guerrières et guerriers», durant laquelle le public n’est pas tenu d’écouter. « Ça permet de faire en sorte que les gens sont plus patients pendant la première partie parce qu’ils savent que ça s’en vient. Et ça permet aux gens qui sont peut-être moins sûrs de leur texte de venir le lire sans subir trop de pression », explique Simon Domingue.

« Pour moi, un micro ouvert, c'est un espace citoyen qui donne la parole à tous celles et ceux qui veulent la prendre et la partager. Le public qui vient écouter est aussi important que les participantes et je suis, à chaque édition, ébahie par la qualité de l'écoute et de ce qui est dit. » - Melyssa Elmer


Quand la poésie s’invite sur scène


« Lire un texte sur scène ça s’appelle casser un texte et c’est très important de casser ses textes », souligne Nicolas Jodoin. C’est ce qui permet de se détacher, selon lui, de textes desquels l’auteur est trop proche pour savoir comment le lire ou encore comment l’améliorer. « Se présenter comme ça devant une foule comme celle du Bistro, par exemple, qui est super émotive et intense, c’est un peu l’occasion de forcer un contact entre un texte et le monde extérieur », ajoute-t-il.

Ève Landry a commencé à partager ses textes après un cours de français au CÉGEP pour lequel elle avait créé le blogue « Les fausses vérités ». En 2016, elle participe à une soirée Vaincre la Nuit pour la première fois. C’est aussitôt un coup de foudre littéraire entre elle et Melyssa Elmer, l’organisatrice de la soirée en question. « Après ça, je me suis mise à organiser moi-même des soirées, mais qui sont pas nécessairement des soirées micro ouvert, mais nécessairement avec des gens qui viennent lire, explique-t-elle. Ces gens-là, je les découvre souvent dans des soirées micro-ouvert ».

Portait de l'auteure Ève Landry, elle-même adepte des soirées micro ouvert.
Pour Simon Domingue, monter une performance permet aussi d’expérimenter et de donner vie à des personnages. « Mon prénom dans la vie c’est Simon, mais sur scène je ne vais jamais prendre ce nom-là. Ça va être Gaspard Gasparov, parfois ça va être Lucky Georges ou Courchesne Malraux. J’ai plein d’identités de scène comme ça. » C’est aussi l’occasion de voir la poésie prendre de bien différentes formes. Au Bistro Ouvert, il n’y a qu’une seule règle: il doit y avoir un mot. « Ça donne lieu à toutes sortes de choses, mais ça reste très souvent des textes assez complets. Personne ne vient crier cheval pour après faire un solo de trompette», explique en riant Nicolas Jodoin.

« J’aime la liberté que cette forme de performance procure. Ça permet de s’amuser avec les mots et le rythme et de parler de ce dont on a envie ou besoin de parler. » - Shades Lawrence

« En littérature, tu es plus tout seul. Tu es dans ton salon, tu écris tes affaires. D’aller lire, ça te donne un feed-back sur ce que tu fais. Tout ça permet de retravailler mes textes, ça devient presque comme une étape de création. » Ce que permettent ces évènements, selon Ève Landry, c’est aussi de créer quelque chose de très hétérogène. D’inviter les gens à venir lire sur scène, c’est d’accepter qu’il existe une multitude de styles qui méritent d’être mis en lumière.

Se mettre en scène peut tout de même être stressant pour certains artistes qui ne sont pas nécessairement familiers avec la performance scénique, fait remarquer Ève Landry. C’est d’ailleurs quelque chose qu’elle reproche au milieu littéraire actuellement. « J’ai vu énormément de gens se stresser beaucoup parce qu’ils vont performer dans un micro ouvert. Je trouve qu’il y a cette pression de la performance qui est très présente. Ce n’est plus suffisant d’écrire il faut que tu montes sur une scène et que tu lises. C’est un peu la seule manière de faire voir ce qu’on fait. »Pour Simon Domingue, il s’agit dorénavant d’un passage presque obligé avant de se faire publier. « Il y a de très nombreux poètes au Québec dont les carrières ont démarré après avoir fait une apparition dans un micro ouvert», indique-t-il.

 



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<![CDATA[Coach de vie à l'ère du numérique]]> https://edm4455.uqam.media/coach-de-vie-a-lere-du-numerique/ 5cb9f16b0e1cf10e3b2f729e Tue, 23 Apr 2019 23:53:24 GMT Coach de vie à l'ère du numérique

De plus en plus prisés, que ce soit pour leurs conseils sportifs, nutritionnels, professionnels ou sur un plan de développement plus personnel, les coachs de vie ont la cote. L’arrivée des réseaux sociaux rend certes le coaching facilement accessible, mais la ligne entre les professionnels et les influenceurs, elle, s’amenuise.

Que ce soit avec de courtes vidéos d’entraînement, des discours de motivation, des photos de saines nourritures ou des messages inspirants le bien-être, en un clic il devient facile pour n’importe qui de retrouver l’encouragement nécessaire à continuer dans l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il est tout aussi facile pour n’importe qui de prodiguer ces conseils, sans avoir au préalable de formation justifiable. Il en revient alors aux internautes de faire la part des choses.

Coach de vie à l'ère du numérique

La Fédération internationale des coachs (ICF) définit le coaching comme étant « la mise en place d’un partenariat avec les clients dans le cadre d’un processus de réflexion et de créativité, afin de les inciter à optimiser leur potentiel à la fois personnel et professionnel. »

Aux États-Unis, l’industrie entourant le développement personnel se chiffre autour de 10 milliards de dollars par an alors qu’on compterait un peu plus de 15 000 coachs pratiquant sur le territoire nord-américain. 72 % d’entre eux seraient membres de l’ICF.

En 2011, une étude menée par l’ICF démontrait que 55 % des coachs canadiens estiment que la pratique du coaching devrait être plus encadrée par les associations de coaching professionnel.

Mais « la profession de coaching n’est, pour le moment, pas réglementée au sein d’un ordre professionnel », rappelle la présidente du chapitre Québec de l’ICF, Lyne Leblanc. N’importe qui peut donc se prétendre coach après une simple formation ou même commencer à divulguer des conseils de vie via les réseaux sociaux. Il est donc de la responsabilité du client de s’assurer des compétences et de la certification des coachs avant l’embauche de ceux-ci, souligne-t-elle.

Pour obtenir la certification de la Fédération, 60 h de formation sont exigées afin d’assurer les compétences des personnes aspirant à devenir coachs. La certification, renouvelable tous les 3 ans, doit obligatoirement s’accompagner de 40 h de formation en continu « afin de poursuivre le développement de leurs connaissances et de leurs habiletés en coaching » peut-on lire sur le site. La cotisation s’élève alors à 170 $ pour faire partie du chapitre québécois de la fédération et d’environ 330 $ pour la fédération internationale.

Cependant, puisque la certification n’est pas obligatoire pour la pratique, certains coachs ne jugent pas nécessaire de souscrire à cette étape avant de se qualifier pour le titre de l’emploi. L’une des raisons soulevées serait le coût que représentent ces formations.

Coach de vie à l'ère du numérique

Employer sa remise en forme

Marie-Pier Fillion, fondatrice d’En forme avec Marie, un ensemble de capsules de coaching sportif et nutritionnel disponible sur les réseaux sociaux, ne se définit pas comme une entraîneuse ou une coach de vie et n’en possède pas non plus la certification. Elle travaille plutôt à stimuler la motivation des gens pour les amener à prendre de saines habitudes de vie en se basant sur sa propre expérience de remise en forme et sur les programmes d’entraînement de la compagnie Beachbody.

« Je suis vraiment là pour aider les gens, les encourager, les motiver à ne pas lâcher, puis à leur donner de bons outils, des outils qui, eux, ont été créés par des professionnels, de vrais entraîneurs certifiés, des nutritionnistes, mais mon rôle à moi c’est vraiment de les encourager », explique-t-elle en entrevue.

À ce propos, un avertissement apparait au début de chacune de ses capsules pour avertir le client que, bien que ces programmes soient conçus par des professionnels, la jeune femme ne peut être tenue responsable d’une mauvaise application de l’exercice ou d’un faux mouvement. Une forme de protection pour cette coach virtuelle, mais aussi pour la compagnie pour laquelle elle encourage ses clients à utiliser les programmes.

« Les gens le savent […] ils sont au courant qu’il n’y a pas un entraîneur assis à côté d’eux à surveiller », avance-t-elle en mentionnant que c’est une pratique qui se retrouve aussi dans les contrats d’abonnement aux gyms ; ce ne serait donc pas quelque chose de particulier à ce type de coaching.

Coach de vie à l'ère du numérique

Leila Decroix, étudiante en communication à l’UQAM, trouve la motivation de faire du sport et de mieux s’alimenter par le biais de Shaun T, un coach de vie américain qu’elle suit sur Instagram depuis quelques années. À l’époque, son programme d’entraînement était considéré comme l’un des plus difficiles jamais enregistré sur DVD. Mais les résultats physiques presque immédiats qu’a obtenus Leila après avoir suivie ses conseils l’ont convaincu d’en poursuivre l’application.

Leila se rend quotidiennement sur la plateforme d’Instagram pour y suivre les enseignements du célèbre quarantenaire américain. Au moyen de recettes santé et d’entraînement effectué devant la caméra, Shaun T permet à l’étudiante d’obtenir sa dose de motivation pour la journée tout en gardant un certain équilibre dans sa vie. « C’est surtout ça ; de la nourriture, des conseils de vie, de la motivation puis du sport », explique-t-elle.

Le fait que ces capsules de motivation et de conseils se trouvent sur les réseaux sociaux en facilite un accès rapide et quotidien, contrairement à un suivi fait auprès d’un entraîneur sur une base hebdomadaire.

« En une demi-seconde, sur mon portable, il peut me redonner la motivation que j’avais perdu 10 min avant », précise-t-elle.

Malgré le fait que ce suivi ne soit ni personnalisé ni adapté nécessairement à ses capacités physiques, pour Leïla cela ne constitue pas un problème ; les programmes d’entraînement du coach sportif ont été « prouvés scientifiquement » et donnent les résultats escomptés. « J’ai toujours fait aveuglément confiance à Shawn T », affirme-t-elle.

Coach de vie à l'ère du numérique

Préférer les livres à l’écran

Certaines personnes, au contraire, préfèrent la matérialité et la lenteur qu’offre un livre à l’instantanéité des réseaux sociaux pour y trouver un support quotidien. Pour David Plourde, ébéniste dans la trentaine, le développement personnel va bien au-delà du coaching et c’est à son rythme que le travail sur soi doit se faire. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il préfère aller chercher conseil dans les livres de croissance personnelle plutôt qu’auprès d’un coach de vie, virtuel ou pas.

La bibliothérapie — ou la thérapie par la lecture — lui permet une plus grande liberté pour interpréter certains passages tirés de ses livres. Il le fait en se basant sur ses propres expériences personnelles, et ce, sans avoir à se soucier du poids du regard d’une tierce personne.

C’est l’idée de cheminer « sans influence » qui l’interpelle particulièrement, mais l’idée aussi qu’il peut prendre le temps qu’il ait besoin et revenir à sa guise sur un passage déjà lu. Ce qu’il juge plus difficile à réaliser avec un vidéo, par exemple, où le temps alloué au travail sur soi est déjà fixé par le coach, ce qui ne lui permettrait pas un aussi fort contact avec lui-même.

« C’est arrivé parfois que je vais comprendre des concepts, que je vais comprendre ce que je vivais par les mots [que je lis] », raconte-t-il en montrant une impressionnante bibliothèque de livres dédiés à la croissance personnelle trônant près de son fauteuil de lecture.

« Est-ce qu’un ami qui nous donne un conseil a nécessairement les compétences pour nous donner un conseil ? » demande David Plourde qui considère que l’aide que les gens peuvent aller chercher, que ce soit auprès des livres, des coachs ou via les réseaux sociaux, relève de la même logique.

« Il faut choisir ce qu’on décide de prendre comme conseil et laisser le reste », conclut-il.

La responsabilité de chacun

Depuis 2012, une nouvelle loi visant à assurer un meilleur encadrement de la psychothérapie est entrée en vigueur. Le titre de psychothérapeute ainsi que le droit de pratique sont dorénavant réservés aux personnes se qualifiant auprès de l’Ordre des psychologues du Québec.

Bien que l’Ordre considère le coaching comme une forme d’intervention qui peut s’apparenter à une forme de psychothérapie, elle doit se restreinte spécifiquement au « développement des talents, des ressources ou des habiletés d’une personne qui n’est ni en détresse ni en souffrance », peut-on lire dans des documents obtenus auprès de l’Ordre.

« Le coaching est une approche humaine et je pense que pour être coach, il est intéressant de s’intéresser à la psychologie humaine. Mais ce n’est pas pour autant une démarche en psychothérapie » souligne la présidente du Chapitre Québec de la Fédération internationale des coachs, Lyne Leblanc.

Le coaching est là pour permettre à une personne le désirant d’atteindre un but fixé au préalable en focalisant sur son potentiel. Mais le rôle du coach « n’est pas dans le traitement de dysfonction », rappelle-t-elle, il est donc important que les clients et les adeptes de développement personnel demeurent critiques lors du choix d’une démarche et sachent si les besoins qu’ils ont relèvent de la psychologie, du coaching ou de la motivation.

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<![CDATA[Le deuil d'une carrière]]> https://edm4455.uqam.media/le-deuil-dune-vie/ 5cbb43fd0e1cf10e3b2f736c Tue, 23 Apr 2019 22:00:00 GMT

Auteurs : François Bertrand-Potvin et Pier-Carl Rancourt


Durant leur carrière, les athlètes de haut niveau sont suivis sur une base quotidienne par leurs entraîneurs, leurs amis et leur famille. Alors, quand les athlètes font la transition vers la retraite, ils n’ont plus l’horaire aussi chargé qu’ils avaient auparavant. Du jour au lendemain, les athlètes se retrouvent seuls.

Marianne St-Gelais, Maxime Dufour-Lapointe, Lucian Bute, Alex Harvey, Erik Guay, Philippe Marquis et Georges St-Pierre ont tous pris leur retraite durant la saison 2018-2019.

Ils ont un grand talent. Ils sont parmi les meilleurs au monde de leur sport respectif. Ils sont célèbres et ils sont adulés par des millions de gens. Vue de l’extérieur on pourrait penser qu’il est impossible pour ces sportifs de tomber dans une dépression après autant de gloire et de satisfaction, mais ils sont plusieurs à se chercher.

C’est le cas de Marianne St-Gelais qui n’avait pas préparé sa retraite. Elle a attendu la fin de sa carrière de patineuse de vitesse pour bâtir son avenir et cela a joué contre elle. En entrevue à Radio-Canada, elle a confié qu’elle est allée chercher de l’aide auprès d’une conseillère en orientation, car elle se cherchait et elle ne se sentait pas bien.

« J’étais pessimiste, j’étais négative. Je ne voulais pas bouger de ma saison. Tout était dans une zone grise, un petit peu plus grise, voire noire. » -Marianne St-Gelais

Puis, l’ancienne olympienne Sylvie Bernier a plongé dans une grosse dépression. En 1984, âgée de seulement 20 ans, elle a remporté l’or au tremplin trois mètres aux Jeux olympiques. Elle est devenue la première championne olympique de l’histoire du Québec et elle a eu beaucoup de difficulté après cette compétition. Elle venait d’entrer dans le monde des adultes et elle devenait une icône. « Personne ne s’est rendu compte du malaise qui m’habitait », dit-elle.

La pression est si grande qu’elle peut pousser certains sportifs à commettre un geste irréparable.

Effectivement, l’ancien joueur de hockey Stéphane Richer a vécu beaucoup de pression. Il a connu une brillante carrière, étant le dernier joueur du Canadien à avoir marqué plus de 50 buts en une saison, mais il avoue avoir tenté deux fois de mettre fin à ses jours. « J’ai pensé me suicider. J’ai souvent essayé de manquer un virage à 150 milles à l’heure [240 km/h]. J’avoue que ça faisait peur quand je rentrais et que je me retrouvais seul à la maison », confesse-t-il en 2001.

D’un autre côté, certains athlètes québécois ayant pris leur retraite dans la dernière année voient la fin de leur carrière comme une bonne opportunité d’avoir plus de temps en famille et entre amis. Nous avons contacté le fondeur québécois Alex Harvey pour un entretien, mais il n’a pas pu répondre à notre demande d’entrevue puisqu’il était occupé avec sa dernière compétition. Par contre, il s’est entretenu avec Radio-Canada et il voit la retraite avec enthousiasme et aucune crainte. « La retraite ne m’effraie pas, bien au contraire. J’ai vraiment hâte de retrouver une vie normale. Je n’ai pas passé Noël chez moi depuis 2009. Ça devient épuisant mentalement de vivre dans ses valises la moitié de l’année, sans rentrer à la maison une seule fois. J’ai hâte de ne plus avoir à quitter un souper entre amis à 21h15 un vendredi soir parce que je dois m’entraîner tôt le lendemain. »

Pour sa part, Georges St-Pierre voulait mettre un terme à sa carrière lorsqu’il était au sommet de son sport. De passage à Tout le monde en parle le 17 mars, sur les ondes de Radio-Canada, il confiait que beaucoup d’athlètes s’étaient retirés des combats ultimes trop tard et qu’il ne voulait pas commettre la même erreur. À 37 ans, les blessures subies lors de ses combats pour l’UFC et son obsession d’être perfectionniste ont laissé des traces sur son corps et lui ont dicté un mode de vie stricte. « Ça me grugeait beaucoup d’énergie et ça me causait beaucoup de stress et d’anxiété, dit-il en entrevue à TVA. On sait maintenant que le stress peut mener à des maladies comme le cancer. De prendre ma retraite, c’est de me libérer de cet énorme stress. »

Il affirmait à l’hebdomadaire piloté par Guy A. Lepage qu’il ne songeait pas à enseigner les arts martiaux mixtes. « Je suis un très bon combattant, mais je ne sais pas si je suis un bon entraîneur. » Il explique qu’un bon athlète ne développe pas forcément les qualités nécessaires à la transmission des connaissances.

Sylvain Guimond, Docteur en psychologie du sport, éducateur physique et ostéopathe est un expert dans le domaine de la posture et de la psychologie depuis plus de 20 ans. Il a traité plus de 1 000 athlètes durant et après leur carrière. Par ses expériences vécues avec les sportifs de haut niveau, il reconnaît le rythme de vie élevé par lequel passent les athlètes durant leur carrière et les difficultés que ça peut entraîner pour leur retraite. « Toute leur vie, ils ont un objectif très clair, confie-t-il. Comme athlète, ils vont passer cinq heures par jour à s’entraîner et souvent, ils vont s’entraîner en groupe. Donc leur vie sociale est très occupée, très structurée et organisée. »

M. Guimond explique un phénomène qui rend les athlètes dépressifs et anxieux lorsqu’ils prennent leur retraite avant l’âge de 30 ans. « Qu’est-ce que je vais faire dans la vie quand je n’ai même pas encore trente ans et que le plus haut sommet de ce que j’ai vécu en tant qu’émotions et d’objectifs que je me suis fixés, ce sont les olympiques? Lorsqu’on perd un rêve, souvent c’est là que la dépression va suivre. Ces gens-là sont habitués d’avoir carburé avec des objectifs et des rêves. Il faut qu’on retrouve ce même type d’attitude dans le monde après la carrière. »

Entrevue avec le docteur en psychologie du sport Sylvain Guimond sur les difficultés qu'éprouvent les athlètes dans la transition de leur carrière professionnelle à leur retraite.

Le docteur Guimond affirme que « ce n’est pas facile de se trouver une deuxième carrière, une deuxième vie, après avoir été adulé par plusieurs personnes ». Il croit que l’ancien joueur du Canadien Louis Leblanc, qui a pris sa retraite du hockey professionnel en 2016, a bien fait de mettre les études « au premier plan », et que cela lui permettra de se trouver un emploi sans difficulté.

L’ancien joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH) dit être fier de ce qu’il a accompli sur la patinoire, mais qu’il s’était trouvé d’autres buts et d’autres défis. « Le hockey est une partie de moi qui ne va jamais me quitter, mais je vois cela comme un côté positif de commencer une nouvelle carrière », déclare-t-il.

Bien que Louis Leblanc n’exclue pas un possible retour dans la LNH comme entraîneur, il révèle qu’un poste l’attend à la sortie de l’université dans une firme de Boston.

Il termine actuellement sa dernière année du baccalauréat en économie et en sociologie à l’Université Harvard tout en jouant le rôle de troisième assistant pour l’entraîneur du Crimson, l’équipe de l’institution d’enseignement bostonienne.

« C’était le temps de passer à autre chose et je voulais revenir à l’école à un âge raisonnable », explique-t-il.

« La retraite est un mot assez large, mais pour moi, c’est de faire mon deuil sur ma carrière et de passer à autre chose. » -Louis Leblanc

L’ancien joueur de hockey met de l’avant que la retraite est un passage parfois obligé que tout le monde doit prendre, mais la Terre ne s’arrête pas de tourner pour autant. « C’est une retraite du hockey, mais c’est un début pour autre chose », assure-t-il.

Entrevue avec Louis Leblanc sur la transition de sa carrière professionnelle au sein du CH à sa retraite.

Sylvain Guimond soulève les difficultés de la retraite pour les sportifs professionnels qui ont atteint le meilleur de leurs performances. « Comment je fais pour trouver quelque chose dans la vie qui va me ramener le même sentiment d’accomplissement? » C’est une question légitime pour les athlètes qui doivent prévoir leur après-carrière.

Pierre-Alexandre Rousseau, ancien skieur acrobatique, n’a pas eu à se poser cette question trop longtemps. Il a pris sa retraite en 2012, après une longue carrière sur les circuits de la Coupe du monde et quelques performances aux Jeux olympiques. Il s’est remis d’une fracture cervicale survenue en 2002 pour venir battre des records en Coupe du monde l’année suivante.

Comme son sport est saisonnier, il avait besoin de se trouver une activité estivale qui lui apporterait autant d’émotions que le ski de bosses. Il a rapidement fait la rencontre du parachutisme et en est tombé amoureux. Il cumule aujourd’hui plus de 4 500 sauts et il est un instructeur estimé à l’école de parachutisme Voltige 2001.

Pierre-Alexandre confie que la vie serait « ennuyeuse » s’il ne pratiquait pas cette passion qu’est pour lui le parachutisme et que ses employeurs ont été des personnes importantes pour lui qui ont su l’aider dans sa transition d’athlète professionnel à retraité.

Martine Blouin, l’une des propriétaires de Voltige, s’est dite touchée et reconnaissante d’apprendre ce qu’elle représentait pour Pierre-Alexandre. En l’ayant vu évoluer au fil de sa retraite, elle ne peut faire autrement que de croire qu’il est heureux et qu’il a trouvé une passion aussi grande que le ski.

« J’oserais dire que pour les athlètes ou les personnes de haut niveau qui décident de prendre leur retraite, le parachutisme ou un autre sport qui lui ressemble, un sport extrême, représente sûrement un moyen pour eux d’aller chercher autant d’adrénaline que dans leur sport », raconte-t-elle.

Pour Pierre-Alexandre Rousseau, c’est un changement qui a été très difficile. « Ça continue à t’habiter encore longtemps […] Je pense qu’on fait juste s’y faire », révèle-t-il sur le sommet Saint-Sauveur.

Entrevue avec l'ancien skieur acrobatique Pierre-Alexandre Rousseau et la propriétaire de l'école de parachutisme Voltige 2001, Martine Blouin. Ils nous expliquent le cheminement de Pierre-Alexandre au sein de sa retraite.

Si Pierre-Alexandre Rousseau s’est lancé dans le parachutisme pour combler le vide de l’été, il ne reste pas sans rien faire l’hiver maintenant qu’il est retraité. Il prodigue ses conseils aux jeunes athlètes, dont Mikaël Kingsbury; il est ambassadeur pour Rossignol, une compagnie spécialisée dans l’équipement de ski; il gère une nouvelle compagnie et pratique le base jump un peu partout. Lorsqu’il va skier pour le plaisir, particulièrement au Mont Sainte-Anne où une piste porte son nom, il lui arrive encore de se faire reconnaître, même à sa septième année de retraite.

Le deuil d'une carrière
Qu'est-ce que le base jump? / Crédit : François Bertrand-Potvin

Pour le docteur Guimond, le sport-études représente une voie à ne pas négliger pour les jeunes athlètes. Cela les aidera à mieux planifier leur après-carrière.

Deux joueurs du Rocket de Laval planifient leur retraite de manière différente. Alexandre Alain (à gauche), âgé de 22 ans, suit des cours à distance à l’Université Laval. Il est conscient que sa carrière ne sera pas éternelle et il planifie un plan B. Il souhaiterait continuer de travailler dans le domaine du sport, possiblement en physiothérapie. Pour sa part, Alex Belzile (à droite), âgé de 27 ans, se concentre sur sa carrière de hockeyeur. Il est confiant que des opportunités en tant qu’entraîneur se présenteront en temps voulu lors de sa retraite. Il préfère ne pas trop penser à son après-carrière pour le moment.

Le deuil d'une carrière Le deuil d'une carrière

Alexandre Burrows a pris sa retraite du hockey professionnel lors de la saison 2017-2018 alors qu’il évoluait pour les Sénateurs d’Ottawa. Il a rapidement fait la transition en devenant entraîneur adjoint pour le Rocket de Laval.

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<![CDATA[Une diversité peu diversifiée]]> https://edm4455.uqam.media/une-diversite-peu-diversifiee/ 5cbf68b30e1cf10e3b2f7674 Tue, 23 Apr 2019 21:16:12 GMT

Par Félix Poncelet-Marsan et Julien Rancourt


Une diversité peu diversifiée
La pièce-témoignage Black Out de la troupe de théâtre Tableau d'Hôte

La scène culturelle populaire du Québec n'est pas représentative de la diversité culturelle de la province, une situation qui a peu changé depuis les dernières années.

En 2015, La Presse a fait un recensement révélant que moins de 5% des rôles principaux des émissions de fiction québécoises populaires étaient joués par des comédiens issus des minorités visibles; même refrain dans les théâtres, où le pourcentage était encore plus bas.

Une diversité peu diversifiée

Cette année, on peut se rendre compte du manque de progrès en consultant la liste des nominés du 34e Gala Artis qui aura lieu le 12 mai prochain : soixante-dix nominés au total, soixante-dix caucasiens.

Une diversité peu diversifiée
Entrevue avec Rodley Pitt concernant le Gala Artis

Les réactions face à ce constat n’ont pas tardé à se faire entendre sur les réseaux sociaux. « Les mentalités ont évolué – explique Lise Cauchon-Roy, ancienne comédienne et professeure à l'École supérieure de théâtre – ça veut dire que le sujet des minorités visibles est de plus en plus visible sur la place publique et que de moins en moins on passe ça sous le tapis. »

Effectivement, le public est plus concerné par ce sujet qu'auparavant, mais si les mentalités ont bel et bien évolué, pourquoi y a-t-il encore aussi peu de comédiens issus des minorités visibles représentés sur la scène par rapport aux comédiens caucasiens?

Les causes du problème

Selon Rodley Pitt, comédien métisse québéco-haïtien, le manque de représentation de comédiens diversifiés découle du manque de volonté des maisons de productions à les engager. « Moi, je trouve pas que je suis un risque, commente-t-il. J'ai pas l'impression que si on me prenait je serais un risque. […] Il est où le risque [pour les producteurs]? […] Y en a tellement de comédiens qui sont issus de la diversité qui ne travaillent pas, et y en a des bons. » Il précise toutefois que les producteurs ne devraient pas choisir des comédiens uniquement selon leur origine culturelle. « On est – ils sont pas tous bons: faut pas mettre un noir parce qu'il est noir ou une asiatique parce-qu'elle est asiatique, non. Elle a été prise, ou il a été pris parce qu'il était bon. Est-ce que tu fais la job? Oui. Ben fait-là la job. »

Selon Sophie Prégent, présidente de l’Union des Artistes, la raison est purement liée à l’histoire : « Il y a eu des années importantes où c’était une question de survie […] Je ne considère pas le peuple québécois raciste […] assez ouvert mais fragile par contre […] le réflexe a été de se protéger, de se surprotéger. Maintenant […] il faut tendre la main. »

Sophie Prégent, présidente de l'UDA

Du côté de Marilyne Cherry, dramaturge et comédienne afro-américaine, le constat est sensiblement le même, puisque ce semblant de fermeture n’est pour elle qu’une façon de préserver une culture minoritaire : « Notre province est une minorité dans un pays anglophone […] on essaie de préserver cette culture-là […] c’est très difficile de laisser la place aux autres quand on est déjà très craintif nous-mêmes […] je ne pense pas que c’est nécessairement un manque d’ouverture. »

Marilyne Cherry explique la dure réalité des minorités visibles par les difficultés auxquelles celles-ci font face pour percer dans le domaine artistique, plus précisément au théâtre, bref ce que c’est que d’être une « anomalie ». Tout d’abord, il est évident aux yeux de Mme Cherry qu’il y a un manque de rôles écrits pour ces mêmes minorités, car il y a « […] un refus de nous voir auditionner ou appliquer pour des rôles généraux ». En effet, elle affirme qu’il est très difficile pour « […] une personne issue d’une minorité culturelle de juste appliquer pour l’amoureuse, appliquer pour un rôle de base […] parce que supposément que le téléspectateur ne peut pas s’identifier à cette personne-là […] ». Qui plus est, cette dernière évoque le problème du narratif et l’importance pour une personne issue des minorités ethniques d’écrire le sien, « […] parce que quand notre narratif est écrit par les autres […] c’est surtout un narratif à problème, ce sera jamais un narratif qui va être nécessairement positif ou ordinaire […] souvent tu vas étudier du Shakespeare pendant 4 ou 5 ans mais seulement te faire proposer des rôles de détenus ». Elle ajoute également que l'absence de personnes d'origine diverse aux postes de décision – tels que scénariste et réalisateur – n'améliore pas la situation.

Rodley Pitt, comédien

Pour Mme Cauchon-Roy, la réponse à la question est intimement liée aux difficultés générées par l'immigration, plus particulièrement au manque d'encouragement et d'appui familial. « Les [parents de] premières générations d'immigration ne vont pas pousser pour que leurs enfants aillent dans des carrières précaires comme les arts. Ils vont vouloir leur assurer un avenir, puisque c'est entre autres une des grandes raisons qu'ils ont immigré ou fui leur pays, c'est pour une meilleure vie. Puis pour eux, une meilleure vie veut dire [meilleur] salaire; ce n'est pas nécessairement le cas que parce-qu'on a un gros salaire on a une meilleure vie, mais ça c'est un autre sujet. »

Les solutions possibles

Face au problème du manque de représentation de la diversité sur la scène culturelle, l’imposition de quotas aux maisons de productions est une des avenues les plus probables. Cela ne veut toutefois pas dire qu’elle fait l’unanimité.

Dans le milieu audiovisuel, il faut dire que Marilyne Cherry, Rodley Pitt, Sophie Prégent et Lise Cauchon-Roy partagent une opinion très différente à ce sujet. En effet, Mme Cherry estime que le quota n’est là que pour empêcher les gens de se plaindre : « C’est aussi se tirer dans le pied […] avec ces quotas là j’ai l’impression qu’on va créer des personnages ou des rôles typés pour se débarrasser des quotas […] c’est pour empêcher les gens de crier au loup […] je ne pense pas que le quota soit une solution. »
Du côté de Rodley Pitt, il affiche un point de vue beaucoup plus tranchant, stipulant que ce ne doit pas être une obligation, mais bien une sorte de consensus : « J’espère qu’il n’y a pas de quota. S’il y a un quota, ça dévalorise tout ce que tu fais […] ça sonne comme une obligation […] il faut que dans les deux sens ce soit une ouverture. »
Pour la présidente de l’UDA, le constat est tout autre. En effet, Sophie Prégent n’aurait aucun problème avec l’imposition de quotas : « Moi des quotas, n’importe quand, mais ce n’est pas à la mode des quotas […] je ne sais pas si je serais capable de convaincre quelqu’un, mais oui je crois beaucoup beaucoup aux quotas personnellement. »
Quant à Lise Cauchon-Roy, elle partage l’opinion de Mme Prégent, mais avec moins d’enthousiasme : « Tout ce qui permet d'évoluer est pour moi un moyen qui doit être utilisé. C'est pas une fin en soi […], mais si il faut à un certain moment, pendant un certain temps avoir une règle un peu débile – comme  un chiffre – pour pouvoir secouer les mentalités, eh bien allons-y. »

Par ailleurs, Mme Prégent, M. Pitt et Mme Cherry  ont tous comparé la situation de la représentation des minorités visibles à l’écran au Québec à celle dans le reste du Canada et ce avec le même constat. Selon eux, la province francophone accuse beaucoup de retard sur les autres provinces : « On était 10 ans ou 15 ans en retard sur nos amis de Toronto, sur les productions canadiennes-anglaises […] », affirme Sophie Prégent en parlant du moment où elle est entrée en poste à l’UDA, soit en 2013. Pour sa part, Rodley Pitt stipule que ce retard peut s’expliquer en partie dû au fait que le sentiment de protéger la culture québécoise entraîne une certaine fermeture sur la culture de l’autre : « On est en retard parce qu’on refuse de se laisser assimiler […] au Québec il y a du travail à faire là-dessus […]. » Le constat est sensiblement le même pour Marilyne Cherry, qui dit que les anglophones ont une longueur d’avance puisqu’au Québec, « on n’a pas l’impression d’avoir une place qui nous [les minorités visibles] est laissée […] on aimerait ça que ce soit ouvert à tous […] ». Pour cette artiste engagée, le fait de « […] faire du théâtre quand t’es une minorité culturelle, c’est déjà quelque chose de politique en soi ».

Dans tous les cas et peu importe les solutions qui seront mises de l'avant, tous ces acteurs de la scène culturelle québécoise s'accordent sur un point commun: il y a encore du travail à faire.

Extrait de la pièce Forfait tout inclus, coup de soleil en sus, mettant en vedette Rodley Pitt (Enregistrement du Théâtre des Hirondelles de Beloeil)
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<![CDATA[Femmes autochtones en détention]]>

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https://edm4455.uqam.media/femmes-autochtones-judiciarises/ 5caf94c00e1cf10e3b2f6d93 Tue, 23 Apr 2019 12:00:00 GMT

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<![CDATA[LE MUR: RÉELLE PROTECTION, OU SIMPLE FAÇADE?]]> https://edm4455.uqam.media/mur-protection-ou-facade/ 5cab64240e1cf10e3b2f6c3c Sat, 20 Apr 2019 02:11:03 GMT LE MUR: RÉELLE PROTECTION, OU SIMPLE FAÇADE?

Par Amélie Brissette et Éloi Fournier


CHAPITRE 1

Les clôtures de maisons - Des murs à petite échelle

Les murs servent à protéger ou à délimiter un territoire. Lorsque des barrières ou frontières sont évoquées, nous imaginons souvent les immenses murs frontaliers, tels les murs de Berlin ou d’El Paso/Juarez, ou encore la Grande Muraille de Chine. Ces grandes barrières ont marqué l’imaginaire aussi bien que l’Histoire, et ont servi à définir des peuples entiers.

Toutefois, le principe de frontières est présent même sur nos propriétés. Nos clôtures résidentielles sont à elles-mêmes une façon de se séparer de l’autre. Mise en place par besoin de sécurité ou par exigence municipale, la clôture contribue à établir une limite entre soi et le voisinage. À l’instar des nations qui marquent leur territoire, les voisins séparés par une clôture se distancent l’un de l’autre malgré eux. Comme les murs frontaliers, les clôtures résidentielles protègent et délimitent.

Cette distanciation est particulièrement marquée dans un environnement hétérogène. Omniprésentes dans une ville comme Montréal, elles disparaissent pratiquement dans un milieu plus homogène. Les relations de voisinage en région rurale sont différentes et les clôtures, presque inexistantes.


CHAPITRE 2

Un mur qui divise les Montréalais

Montréal est une ville qui se démarque par sa grande diversité et son ouverture d’esprit. Cependant, un mur divise deux de ses arrondissements. La clôture de Ville Mont-Royal fait état de la séparation de deux classes sociales distinctes. Instaurée selon un besoin de sécurité, elle encourage pourtant la ségrégation sociale. Plus de 50 ans après sa construction, la clôture est toujours en place.


LES MURS APPLIQUÉS: VILLE MONT-ROYAL

LE MUR: RÉELLE PROTECTION, OU SIMPLE FAÇADE?

La clôture de Ville Mont-Royal, qui sépare cette dernière du quartier Parc-Extension. Cette photo est prise
à partir du boulevard de l'Acadie, qui longe la barrière sur l'intégralité de ses 1,6 kilomètres.


La municipalité de Ville Mont-Royal, avec son architecture de haute qualité et ses espaces verts bien entretenus, offre à ses résidents une qualité de vie remarquable. La totalité du quartier, situé en plein cœur de Montréal, renvoie à la prospérité de ses occupants.

74% des résidents de 25 à 64 ans ont obtenu un diplôme de niveau universitaire. Selon Statistique Canada, 4 425 citoyens possédaient au moins un baccalauréat en 2016, alors que 2 225 avaient complété au moins une maîtrise et que 510 personnes détenaient un doctorat. Une forte majorité ont étudié les domaines du commerce, de l'administration publique et de la gestion.

Le contraste n’est donc pas négligeable lorsque nous passons de l’autre côté de la clôture.

Véritable point de chute pour les nouveaux arrivants, Parc-Extension est synonyme de multiethnicité et de multiculturalisme. 62% de sa population est née à l’extérieur du Canada. Plus d’une quarantaine de langues maternelles, en plus du français et de l’anglais, y sont harmonieusement parlées.

Avec l’abolition de cette barrière discriminatoire, les deux clans contraires pourraient aisément se mêler et ainsi arriver à former un tout complet, qui rendrait justice à l’hétérogénéité de Montréal.

« Les communautés protégées sont vraiment l’extrême de la ségrégation sociale où la ségrégation sociale s’applique même de manière contractuelle. Donc en achetant une propriété résidentielle, on achète un mode de vie. […] La clôture de Ville Mont-Royal est une version précurseure de cette notion de communauté protégée. Cette communauté se protège par rapport à des nuisances. La clôture a pour effet de démarquer un territoire ainsi que de prohiber le transit, » souligne Danielle Pilette, urbaniste et spécialiste en gestion des territoires.


AUDIO: ENTREVUE AVEC L'URBANISTE DANIELLE PILETTE




Outre les barrières physiques, il existe bon nombre de frontières naturelles. Celles-ci font état de frontières selon leurs caractéristiques géographiques ainsi que par des éléments topographiques majeurs. Une frontière naturelle naît d’une rupture de la continuité de l’espace causée soit par le littoral, une chaîne de montagne ou, dans le cas qui nous intéresse ici, d’un fleuve ou un cours d’eau.

« Montréal est une île, elle n’est pas si accessible que ça », souligne Mme Pilette.

L’île de Montréal, située au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, permet un accès assez restreint. L’île de Montréal est le composant principal de Montréal qui regroupe aussi près de 74 autres petites îles.
La notion de frontière naturelle existe depuis le déclin de l’Empire romain d’Occident. La géographie médiévale accordait une grande importance aux fleuves et aux montagnes, qui définissaient des ensembles géographiques.

Encore aujourd’hui, les espaces considérés comme frontières naturelles sont parfois au cœur du territoire d'une société, comme c’est le cas à Montréal.


CHAPITRE 3

Les réserves, ces murs invisibles


VIDÉO: ENTREVUE AVEC THALIA D'ARAGON-GIGUÈRE




Le Québec est une nation unie qui, pourtant, contraint toujours les populations autochtones à vivre dans des réserves. Souvent, on oublie cette réalité qui évolue si près de nous. Ce sont d’ailleurs ces peuples qui sont les véritables héritiers de notre territoire. Ils se regroupent au sein de plusieurs nations selon leur langue, leur culture et leur histoire.

Selon les Affaires autochtones et du Nord Canada, en 2003, il y avait un total de 2 300 réserves indiennes au Canada couvrant une superficie totale de 28 000 km2. « Pour reprendre, ici, la métaphore du mur, il y a un mur qui est invisible au Canada. Il y a un mur d’inégalités qui fait en sorte qu’il y a plusieurs élus politiques qui [...] refusent de voir les problématiques derrières les réserves », déplore Thalia D’Aragon-Giguère, étudiante à la maîtrise en science politique à l’Université du Québec à Montréal et chercheure en résidence.

Les communautés autochtones ont connu une forte régression démographique avec la conquête de l’Amérique. Cependant, depuis le milieu des années 1950, la population des Premières Nations au Canada ne cesse de s'accroître. Elle composait 1% de la population québécoise de 2000 à 2010. Selon le recensement 2006 de Statistique Canada, 48% de la population autochtone du Québec a moins de 30 ans.

C’est au 19e siècle, où l’expansion coloniale était trop abondante et où la demande en richesses naturelles était trop forte, que les Autochtones du Québec sont devenus un problème de société. La solution la plus rapide à ce problème a été l’instauration des réserves. Les terres autrefois choisies par les peuples amérindiens sont donc devenues une véritable cage.

Kitigan Zibi, Pessamit et Mashteuiatsh sont les premières réserves modernes du Québec.


LES MURS APPLIQUÉS: LES RÉSERVES EN SOL QUÉBÉCOIS



Aujourd'hui, 39 réserves sont situées sur le territoire du Québec. Ces «murs invisibles» regroupent environ 52 895 autochtones. Les nations inuites n'y figurent pas, car elles ne sont pas enclavées dans des réserves.


Une loi sur l'assimilation des Indigènes est adoptée en 1857; celle-ci se résume essentiellement par le concept d'émancipation. En renonçant à son patrimoine, un membre d'une tribu amérindienne de sexe masculin répondant à certaines conditions pouvait être considéré comme un citoyen à part entière. Pour ce faire, celui-ci devait parler français ou anglais, avoir reçu une éducation élémentaire, être réputé de bonne moralité et n’avoir aucune dette.

Le droit de résidence au sein d’une réserve peut maintenant être obtenu. Cette loi enchaîne la perte du contrôle des gouvernements tribaux sur les terres des réserves.

Dans les années 1990, les réserves connaissent une hausse démographique. Aujourd’hui, indépendamment de la province ou le territoire dans laquelle elle se trouve, une réserve est sous juridiction fédérale.

Plus de la moitié de la jeunesse autochtone est frappée par l'obésité, le diabète et le syndrome d'alcoolisation fœtale. Encore de nos jours, les réserves sont un problème de société qui n’est pas une priorité de l’État.

Mais est-ce réellement les réserves qui font accroître cette idée de distanciation, ce véritable mur, entre la société québécoise et les Premières Nations?

« J’ai l’impression qu’il y a un double discours qui se crée par rapport aux réserves. Certaines personnes sont contre cette construction issue d’une histoire coloniale au Canada, alors que d’autres reconnaissent que malgré les aspects négatifs de la réserve, elles permettent quand même de préserver l’identité autochtone », mentionne Thalia D’Aragon-Giguère. 


CHAPITRE 4

Entre les pays, tout n'est pas rose


LES MURS APPLIQUÉS: À L'INTERNATIONAL

LE MUR: RÉELLE PROTECTION, OU SIMPLE FAÇADE?


Un sujet qui est particulièrement d'actualité est, bien évidemment, les murs frontaliers qui séparent les pays. D'après des recherches menées par la professeure Élisabeth Vallet, de l'Université du Québec à Montréal, 70 murs sont présentement déjà construits à travers le monde. En Europe seulement, des barrières ont été érigées sur plus de 1000 kilomètres depuis 2015.

L'artiste et documentariste Martin Bureau a visité quelques-uns de ces murs dans le but de mieux comprendre le phénomène. « D'un point de vue général, les murs sont presque exclusivement une masquarade politique qui vient créer un symbole fort et marquer le territoire, » explique-t-il. « Mais en réalité, ces murs ne fonctionnent pas. Il y a plein de voies de contournement, par exemple, aux États-Unis, 95% de la drogue qui entre par le Mexique se fait par les voies légales. » Le projet de mur du président américain Donald Trump crée beaucoup de conflits aux États-Unis, incluant le plus long arrêt des activités gouvernementales du pays, à l'hiver 2019.

Il faut toutefois rappeler qu'une barrière existe déjà à la frontière américano-mexicaine. À la suite du Secure Fence Act, mis de l'avant par l'administration Bush en 2006, une barrière d'environ 1050 kilomètres a été installée le long de la frontière. Le coût de la mise en place de la barrière: 2,3 G$.


LES MURS APPLIQUÉS: EL PASO ET JUAREZ

LE MUR: RÉELLE PROTECTION, OU SIMPLE FAÇADE?

(Photo Wikimedia Commons) Le mur entre les villes d'El Paso, au Texas, et Ciudad Juarez, au Mexique, rend la vie difficile pour les citoyens. « Il y a des gens des deux côtés de la frontière qui doivent traverser les lignes à chaque jour », explique la docteure en science politique de l'Université du Texas à El Paso, Irasema Coronado. « Le mur est laid et n'aide pas nos relations avec nos voisins. » Mme Coronado estime également que ce ne sont pas les immigrants qui volent les emplois des Américains, mais bien les compagnies qui déménagent
dans des pays où la main-d'oeuvre coûte moins cher.


Cependant, les murs frontaliers fonctionnent-ils dans leur objectif de contrer les migrations irrégulières? Pour Mme Coronado, ce n'est pas le cas. « Dans le cas des États-Unis, plus de la moitié des sans-papiers dans le pays sont arrivés avec un passeport et un visa, et ont dépassé leur date d'éligibilité par la suite. Alors, non, les murs n'empêchent pas les migrations irrégulières. »


CHAPITRE 5

Pour le futur

Qu’ils soient érigés entre deux personnes ou deux états, qu’ils soient naturels ou édifiés par la main de l’Homme, qu’ils servent à protéger ou à délimiter, les murs de notre histoire auront permis de faire un constat : l’érection de murs ne bénéficie pas aux citoyens des pays concernés, aux habitants des zones frontalières ou aux acteurs d’un voisinage. Un mur n’arrive pas à dissuader le passage, pas plus qu’il ne sécurise ou identifie le territoire.

Une barrière frontalière engendre une philosophie individualiste. On se sépare de l’autre là ou le besoin est de l’accueillir à bras ouverts.

Comme le dit si bien Irasema Coronado : « J’espère que nous ne construirons plus de murs. Je ne crois pas qu’ils fonctionnent. Nous devrions plutôt construire des ponts! »

Cessons l’érection de murs avant que celle-ci ne déshumanise l’humanité.

LE MUR: RÉELLE PROTECTION, OU SIMPLE FAÇADE?
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<![CDATA[La face cachée de la monoparentalité]]> https://edm4455.uqam.media/la-monoparentalite/ 5cb4efec0e1cf10e3b2f6f1c Thu, 18 Apr 2019 17:36:13 GMT La face cachée de la monoparentalité
Source: Pixabay-Image libre de droits

Qu'est-ce que la monoparentalité?

Par Emma Jaquet et Roxane Trudel

La face cachée de la monoparentalité

La monoparentalité possède plus d'un visage: elle ne se limite ni à la nationalité, ni au statut social, ni au genre d'un individu. Elle résulte majoritairement de difficultés qui contraignent une mère ou un père à élever son enfant seul.

Elle touche différemment les hommes et les femmes, car souvent les hommes sont dans des milieux de travail leur permettant d’être plus à l’aise financièrement. Pour les femmes, le fait de porter et de mettre au monde un enfant peut avoir des impacts sur leur vie professionnelle, puisqu’elles restent éloignées plus longtemps du marché du travail.


Portrait d'un organisme

Escale Famille Le Triolet est un organisme qui accompagne les familles à faible revenu. Son plus récent projet visait plus particulièrement les femmes cheffes de familles monoparentales. Depuis près d’un an, 21 d’entre elles ont pu accéder à un logement communautaire à moindres coûts. Marie-Claire Palomino et Bianca Betty parlent de l’impact du projet sur leurs vies.


Mission d'un organisme

Les organismes communautaires Famille (OCF) viennent en aide aux familles à faible revenu. Ils les soutiennent dans leurs difficultés, de façon à permettre aux parents de retrouver une certaine sérénité. Escale Famille Le Triolet à Montréal accueille plus de 300 familles par année.

« Nous, on ne fait pas de discrimination. On accueille. Ça vient briser l’isolement, et du fait de briser l’isolement ça vient créer un réseau, et en fonction des besoins, il y a toujours une famille qui est prête à aider [...]», explique Carole Longpré, directrice générale de l’organisme.

Bon nombre des OCF n'offrent des services que pour les mères monoparentales. Michelle Pelletier, directrice générale de la Petite Maison de la Miséricorde, souligne que les femmes qui demandent de l’aide ont souvent perdu confiance en elles.

«Parce qu’elles vivent une situation difficile [...], elles ont moins d’estime, elles ont plus de difficulté à réaliser tout le potentiel qu’elles ont. Donc nous, notre mission, c’est de les aider à retrouver ce potentiel pour qu’elles se sentent plus en confiance».

Claudia Desjardins, intervenante pour le projet Escale pour ToiT, abonde dans le même sens : «On tente de les mettre le plus possible en lumière [...] c’est gratifiant aussi pour nous de voir une participante qui atteint les objectifs qu’elle s’était fixée, on fait check et on est très heureux de ça.»

Toutefois, les OCF ont besoin de visibilité sur la scène politique. La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) a pour mission de «représenter politiquement [les] associations membres et [de] défendre aussi leurs droits auprès des pouvoirs publics [...]», affirme Lorraine Desjardins, agente de recherche et de communication de la FAFMRQ. La fédération regroupe une quarantaine d’organismes familles à travers le Québec, dont 12 sont situés à Montréal.

Si les organismes communautaires tentent de créer un bassin de ressources pour répondre aux différents besoins des parents monoparentaux, ils essaient aussi de briser les préjugés entourant les familles monoparentales.

« [Il faut] enlever tous les préjugés [qui disent qu’une] femme monoparentale a des problèmes à élever son enfant parce que le père n’est pas là, et que l’enfant naturellement va avoir des séquelles parce que le père n’est pas présent. Ce n'est pas vrai ça. On en voit des enfants de femmes monoparentales [...] qui sont super adaptées auprès de leurs enfants et qui sont aussi bonnes mamans que papas [...]», appuie Michelle Pelletier.

Monoparentalité et immigration

Originaire de la République Dominicaine, Yoidel Florian est mère monoparentale depuis près de cinq ans: son parcours de jeune mère immigrante n’a pas été sans difficultés.

La face cachée de la monoparentalité
Yoidel Florian dessine avec ses deux enfants, Samara et Raphaël. (Photo par Roxane Trudel)

«C’est pour une bonne qualité de vie que j’ai choisi de m’installer au Canada, explique-t-elle. J’ai lu l’histoire du Canada, et comment ça marche pour les femmes ici, les féministes... Je trouve que c’est un très beau pays pour moi et pour les enfants aussi.»

Yoidel Florian est arrivée au Canada en 2010. Habituée à des températures plus élevées, elle a trouvé l’adaptation au froid plutôt difficile. Au bout de 6 mois, elle est retournée dans son pays pour rejoindre sa mère, qui était seule depuis le décès de son père.

«C’était un peu difficile, parce que je n’ai pas de famille ici. Je suis seule et c’est la première fois que je sors de mon pays. Après 6 mois, je suis retournée dans mon pays. Et après presque un an, [ma mère] m’a dit “On y retourne. Il faut que tu penses à ton avenir”», a-t-elle résumé.

C’est ici qu’elle a rencontré son mari avec qui elle a eu deux enfants. Cependant, au bout de quelques années, il est expulsé du Canada.

«Quand mon mari est parti, j’ai dit “c’est correct, si le gouvernement a dit qu’il devait partir, on va respecter ça. Dans 8 mois, tu vas revenir”. Mais ça va bientôt faire 5 ans et ce n'est pas facile. [...] Ça n’a pas changé ma vision du Canada. Mais c’est quand même un peu frustrant [...], parce que si je me rappelle bien l’histoire du Canada dit [que l’une des valeurs principales], c’est l’unification des familles. Mais qu’est-ce qui se passe avec nous ? Nous sommes une vraie famille», déplore-t-elle.

Les organismes communautaires Famille
Yoidel Florian fréquente depuis près de 5 mois l’organisme famille la Petite Maison de la Miséricorde, situé à Montréal. Elle apprécie particulièrement les activités organisées par l’organisme dans le but de rassembler les mères monoparentales et leurs enfants. Les journées mères-enfants lui permettent de partager sa nourriture et sa culture.

«Venir ici, pour moi c’est vraiment un centre. C’est comme ma deuxième maison. [M]ême quand vous vous sentez seules, vous n’êtes pas seules. Vous pouvez venir ici tous les jours. C’est comme une famille ici.»

Plus de 50% des femmes fréquentant la Petite Maison de la Miséricorde sont issues de l’immigration, selon Michelle Pelletier, directrice de l’organisme.

«C’est un lieu d’appartenance pour elles, une famille, un lieu où vraiment elles se sentent en sécurité, accueillies sans être jugées, tout ça», explique-t-elle.

La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) croit d’ailleurs que la trouvaille d’emploi est un défi supplémentaire pour ces familles immigrantes qui ne parlent pas toujours français ou anglais. Ces difficultés peuvent gravement affecter les revenus des familles.

«C’est sûr qu’il y a plusieurs facteurs qui vont faire en sorte qu’une famille va être pauvre. La monoparentalité, définitivement, mais si en plus tu viens de l’immigration...Ce n'est pas facile. [Il y a] de nouveaux arrivants qui envoient leur C.V. partout et qui finalement ne sont jamais embauchés parce qu’ils ne s’appellent pas Tremblay», explique Lorraine Desjardins, agente de recherche et de communication de la FAFMRQ.

Courage
Malgré tout, Yoidel Florian ne regrette pas sa venue au Canada. Elle souhaite rappeler aux femmes dans sa situation que les problèmes ont toujours une solution et qu’avant tout: elles ne sont pas seules.

«Si tu veux que quelqu’un t’aide, c’est ta décision. Si tu as un problème et que tu te dis “Ok, je vais chercher une aide, chercher une personne qui a la capacité de m’aider…” Si tu te dis “non”, tu vas rester toujours comme ça. C’est ta décision de changer ta vie», croit-elle.

Un mot de la fin?
«Bon courage, surtout.»


Le taux de pauvreté infantile sur l'Île de Montréal

Le groupe Campagne 2000 a publié en 2018 un rapport sur le taux de pauvreté infantile au Québec. Les données sont tirées d’un recensement datant de 2015 produit par Statistique Canada. Sur les 15 circonscriptions fédérales où le pourcentage est le plus élevé au Québec, 13 d’entre elles sont situées directement sur l’île de Montréal. Dans la circonscription Ville-Marie–Le Sud-Ouest–Île-des-Soeurs, un tiers des enfants serait issu d’une famille à faible revenu.

Source: Campagne 2000, Radio-Canada

Carte: Roxane Trudel

Voir en plein écran


La monoparentalité aujourd'hui: de nouveaux défis

Depuis quelques années, le désir des femmes monoparentales de retourner sur les bancs d'école ou au travail a complètement changé le visage de la monoparentalité. Les OCF n'ont eu d'autres choix que de s'adapter à cette nouvelle réalité. Michelle Pelletier, directrice de l'organisme la Petite Maison de la Miséricorde croit qu'il reste encore du travail à faire auprès de ces femmes pour favoriser la conciliation travail-famille.


Michelle Pelletier, directrice de la Petite Maison de la Miséricorde (Photo par Roxane Trudel)

Le projet Escale pour ToiT , mis sur pied par l’organisme Escale Famille le Triolet , vient de compléter sa première année. Carole Longpré, directrice générale de l’organisme, a pu constater les mêmes changements que sa collègue de la Petite Maison de la Miséricorde.

Carole Longpré et Claudia Desjardins (Photo de Emma Jaquet)

Pour la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), la situation des familles monoparentales s’est améliorée au fil des ans.

La face cachée de la monoparentalité
Par Roxane Trudel

Cette année, un budget de 10 millions de dollars supplémentaires a été mis en place pour bonifier l’exemption du montant des pensions alimentaires à l’aide sociale, aux prêts et bourses, à l’aide au logement et à l’aide juridique, de façon à améliorer les revenus des familles défavorisées. Selon Lorraine Desjardins, agente de recherche et de communication de la FAFMRQ, il s’agit d’un pas important.

La situation des familles démunies a beaucoup évolué depuis les dernières années, notamment grâce au Soutien aux enfants , une allocation instaurée en 2005 dans le but d’aider la situation financière des familles. Cependant, Mme Desjardins soutient que les besoins fondamentaux restent plus ou moins les mêmes au fil du temps.

«À l'époque, on militait pour plus de services de garde, pour plus de congés parentaux. Ça demeure, ça aussi. [...] Les besoins sont toujours les mêmes: des revenus suffisants, l’accès aux études, l’accès à un emploi de qualité, explique-t-elle. [Il faut] les aider à s’aider en leur donnant, entre autres, des conditions de vie qui ont de l’allure.»


Courage
  • «Il reste encore beaucoup de travail à faire dans les médias pour briser cette notion de la monoparentalité et de la femme misérable. Au contraire, elles sont très combattantes.»
    -Michelle Pelletier, directrice de la Petite Maison de la Miséricorde

  • «Quand on sait tout ce que ces femmes sont prêtes à faire, à sacrifier, tout le courage qu’elles ont et tout ce qu’elles arrivent à faire sans même qu’on soit là, nous on fait juste donner un petit coup de pouce et les encourager, parfois leur montrer quand elles voient moins ce qu’elles font, mais tout ce qu’elles font par elles-mêmes, c’est impressionnant.»
    -Claudia Desjardins, intervenante à Escale pour ToiT

  • «Il faudrait enlever ces espèces de préjugés [qui disent qu’elles] ne sont pas capables [...] Nous, ce qu’on voit dans nos associations, c’est plutôt des femmes qui relèvent des défis incroyables. Ce sont des héroïnes.»
    -Lorraine Desjardins, agente de recherche et de communication de la FAFMRQ.

  • «Ce que je dis tout le temps c’est qu’il ne faut pas se mettre de côté. Oui, il faut “mettre l’enfant avant”, mais si tu n’es pas en santé toi-même, l’enfant ne pourra pas être en santé. Si tu n’es pas heureuse, ton enfant ne sera pas heureux. Prends un temps. S’il faut que tu prennes un temps toute seule, prends ce temps et reviens en force pour aller de l’avant avec ton enfant. »
    -Marie-Claire, mère monoparentale.

  • «On est des superwomen, on peut tout faire. [...] Il ne faut pas se décourager parce qu’on est seules avec nos enfants. Au contraire, il faut se motiver. Ma fille c’est ma source de motivation.»
    -Bianca Betty, mère monoparentale


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<![CDATA[Poursuivre la mission de Raphaël, d'Oli et des autres]]> https://edm4455.uqam.media/poursuivre-la-mission-de-raphael-doli-et-les-autres/ 5caacae70e1cf10e3b2f6b90 Mon, 08 Apr 2019 13:00:00 GMT Poursuivre la mission de Raphaël, d'Oli et des autres
En partant de la gauche, deuxième photo de la deuxième colonne, Raphaël Tremblay-Joncas Crédit: Mouvement Zéro Suicide au Québec
Poursuivre la mission de Raphaël, d'Oli et des autres

Par Julie Côté et Stéphanie Prévost

« J'espère que ma mort aura un impact sur la façon dont les gens perçoivent cette maladie trop souvent banalisée. » Ce sont les derniers mots de la lettre que le jeune Raphaël Tremblay-Joncas, 20 ans, a écrite à sa famille avant de mourir du suicide, le 9 décembre 2018, après une longue lutte de plusieurs mois contre la dépression. Sa mère, Annie Joncas, comme plusieurs autres parents, a décidé de poursuivre cette lutte en racontant le calvaire qu’elle et son fils ont vécu dans l’espoir de pouvoir atteindre le chemin de la guérison qui n’est jamais venu.

La gorge serrée, elle ressasse tranquillement les événements qui ont mené à la tragédie. « Raphaël avait 20 ans lors de son décès, il y a quatre mois. »

Digne du labyrinthe pour le laissez-passer des 12 travaux d’Astérix.

En voulant poursuivre le vœu de Raphaël de démystifier cette maladie, Annie a décidé de rejoindre le groupe Zéro suicide au Québec, fondé par Marlène Gauthier. « J’ai vu la publication sur Facebook d’Humain avant tout mentionnant son histoire et celle de son fils Olivier. J’ai vu que son histoire ressemblait beaucoup à celle de Raph et comme l’avait-il mentionné dans sa lettre, il voulait que sa mort fasse une différence. J’ai donc contacté Marlène et c’est comme ça que mon implication a débuté ».

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BESOIN D'AIDE ?

Si vous avez besoin de soutien ou avez des idées suicidaires, vous pouvez appeler le numéro sans frais suivant pour parler à quelqu'un : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)

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Suivre un mouvement

Le 11 décembre 2012, le fils de Marlène Gauthier, Olivier Bergevin, est décédé du suicide, après un parcours de 22 mois à consulter plus de huit psychiatres différents, sans jamais arriver à se faire comprendre. Malgré ce parcours difficile, il voulait aider d’autres jeunes à s’en sortir lorsqu’il y serait arrivé. Il le disait :
« Quand je serai guéri maman, je voudrais aider d’autres jeunes ». Dans cette optique, elle a voulu changer les choses en espérant que d’autres enfants ne subissent pas le même sort.

Poursuivre la mission de Raphaël, d'Oli et des autres
Marlène Gauthier et Pascale Lortie. Crédit photo: Julie Côté

« Après le décès d’Olivier, j’ai d’abord contacté l’Association Québécoise pour la Prévention du Suicide pour savoir s’il était possible d’avoir un groupe de parents endeuillés, ils ont dit qu’ils allaient y penser. Les autres parents dans les groupes de soutien avaient de la misère à s’impliquer, de peur d’être étiquetés comme mauvais parents. Avec le rapport du Coroner sur la mort d’Olivier qui venait de paraître avec plus de questions que de réponses, je savais que j'avais quelque chose pour intéresser un journaliste. C’est à ce moment, avec la parution de l’article de Patrick Lagacé Trois brochures et une pilule, sur la mort de Jean-François Lussier, que je me suis dit que j’avais un filon qui pourrait intéresser un journaliste. J’ai donc demandé à Rima Elkouri si elle pouvait raconter l’histoire d’Olivier. D’autres articles ont suivi par la suite. Les gens m’ont contacté et petit à petit le groupe est né. Les politiciens ont accepté tout de suite les rencontres avec nous et c’est comme cela que le groupe est né », nous explique Marlène Gauthier, la fondatrice du groupe.

Danièle Henkel fait partie des personnalités publiques qui appuient le mouvement Zéro Suicide au Québec

Pascale Lortie, responsable des communications du mouvement, se met à nous parler des principales revendications de celui-ci. Son fils Alec s’est enlevé la vie après avoir laissé un manifeste d’une centaine de pages et une vidéo de 25 minutes, en mentionnant les raisons de son décès et en donnant à sa mère la mission de partager son message pour que sa mort ne soit pas vaine.

Le groupe fait trois recommandations majeures : une réhumanisation et une surveillance du milieu psychiatrique et psychologique, une meilleure évaluation du risque suicidaire et une meilleure éducation. « On parle de travail au cas par cas avec une équipe qui suit le jeune, qu’il reste en établissement si nécessaire, il ressortira seulement quand le traitement fait effet et SURTOUT qu’un suivi soit fait par le centre de crise régional du malade. On ne laissera plus personne avec trois brochures et une pilule », rajoute Marlène Gauthier.

De plus, elle rajoute sur la nécessité d'avoir une aile spécialisée en psychiatrie pour le 12-26 ans. « Ce n'est pas normal que dès ton entrée à l'urgence, alors que tu sors à peine de l'adolescence, qu'on te mette une jaquette et que tu sois dans le même établissement que des gens qui crient et qui donnent des coups. C'est le pire scénario ! »

Pour ce qui est de la surveillance en milieu psychiatrique, même le docteur Alain Lesage, psychiatre à l'Institut Universitaire en Santé Mentale de Montréal, partage son avis. Dans une étude publiée dans la Revue Canadienne de Santé Mentale, il mentionne la pertinence d'un potentiel audit pour les psychiatres dont les patients décèdent du suicide. « Cette approche est particulièrement intéressante pour évaluer les forces et lacunes des services. L’audit peut reposer sur un questionnaire envoyé́ au dernier médecin traitant, jusqu’à des entrevues en profondeur connues sous le nom parfois rébarbatif d’autopsies psychologiques », mentionne-t-il. « C'est d'ailleurs l'approche qu'ont les forces armées canadiennes actuellement. À chaque fois qu'un cas de suicide est reporté, un audit doit être réalisé par le psychiatre qui l'a pris en charge », ajoute-t-il.

« Ensuite, parlons de la réévaluation du risque suicidaire, et NOUS TENONS à faire partie du comité. On veut que les gens qui ont vécu des tragédies face à une mauvaise évaluation du risque suicidaire soient absolument impliqués dans ce comité », poursuit Marlène. « Ce qui est important également, c'est de pouvoir parler d'éducation, de savoir premièrement ce qu'est le secret professionnel, autant par le grand public que les intervenants. En ce moment, le secret professionnel protège plus les médecins que les patients en soit, alors que ça devrait être l'inverse », mentionne Pascale Lortie. Donc, techniquement et légalement, un intervenant ne devrait pas restreindre le droit d’un patient de vouloir avoir un proche dans la salle de consultation, ce que nous a confirmé une avocate en droit de la santé, qui travaille majoritairement avec les patients victimes d'injustice.

Une volonté politique à tout casser

Chez nos politiciens, ils sont tous motivés à en faire plus et à changer les choses pour pouvoir atteindre le taux de suicide zéro. Or, leur manière de vouloir le faire est très différente. D'abord, ils s'entendent tous à l'idée qu'il faut absolument ravoir une stratégie nationale de prévention du suicide, qui a d'ailleurs déjà existé auparavant. Le président de l'AQPS, Jérôme Gaudreault, nous en parle plus en détail.

Pour la CAQ et le ministre de la Santé, Danielle McCann, il y a définitivement des changements à faire et rapidement. Elle a un plan précis et des projets, mais veut s’assurer de consulter les bonnes personnes, notamment lors du forum de consultations en santé mentale chez les jeunes, le mois prochain. Il y aura d’ailleurs une autre consultation sur le même sujet, prévue à l’automne.

Pour l’opposition, il y a une crainte immense qu’en deux jours, tous les partis se soient entendus. La principale suggestion de l’opposition en tant que groupe, c’est une commission parlementaire qui se promènerait à travers le Québec pour comprendre ces enjeux. Pour Sylvain Gaudreault, porte-parole du Parti Québécois en matière de santé et de services sociaux, on espère que ces différentes réalités soient prises en compte.

Que jugent-ils des principales lacunes du système actuel? Sol Zanetti, porte-parole de Québec Solidaire en matière de santé et de services sociaux, nous parle de l'un des enjeux: le sous-financement des centres communautaires de prévention du suicide.

Nous avons contacté Hélène David pour avoir le point de vue du Parti Libéral du Québec, étant donné que le plan actuel en Santé Mentale a été créé alors que le parti était au gouvernement, mais elle n'était malheureusement pas disponible pour une entrevue.

La volonté de tout le monde est là,la prochaine étape serait donc que chacun des acteurs puisse agir dans le même sens."Nous, notre but, au final, c'est de ne plus exister, parce que des familles endeuillées, on n'en veut plus du tout" conclue Marlène Gauthier.

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BESOIN D'AIDE, DE SOUTIEN ?

Si vous avez besoin de soutien ou avez des idées suicidaires, vous  pouvez appeler le numéro sans frais suivant pour parler à quelqu'un : 1  866 APPELLE (1 866 277-3553)

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