Idéaliste, en vert et contre tout

Domenic Cusmano oct. 09, 2019
Domenic Cusmano au Café Plantation , adjacent à la Fruiterie 440 .

« On peut faire quelque chose, on peut changer le monde [...] on peut faire du bien », affirme sans détour le candidat du Parti vert du Canada dans la circonscription d’Honoré-Mercier, Domenic Cusmano .

Candidat défait à l’investiture libérale dans Saint-Léonard - Saint-Michel en 2015, M. Cusmano se présente cette fois dans la circonscription voisine, sous la bannière des Verts. « Je me suis rendu compte que le Parti libéral ne répondait plus à mes exigences personnelles », dit-il, notamment en matière de lutte aux changements climatiques. « Ce faisant, ce n’est pas moi qui ait quitté le parti, c’est davantage le parti qui m’a quitté [...] Tout le monde évolue », conclut M. Cusmano pour expliquer son changement d’allégeance.

Vert la transiton énergétique

C’est sans surprise que M. Cusmano fait désormais de la protection de l’environnement son cheval de bataille, fort d’un programme vérifié par le directeur parlementaire du budget. « C’est évident qu’on ne peut pas éliminer le pétrole dès demain, mais sur 10 ans, on préconise le développement de projets qui vont permettre de s’en émanciper graduellement. » Dans le même ordre d’idées, un gouvernement vert « limiterait sévèrement les voitures à combustible », notamment en subventionnant l’achat de voitures écoresponsables et en installant davantage de bornes de recharge pour véhicules électriques.

M. Cusmano croit par ailleurs qu’un gouvernement Vert serait bénéfique pour les électeurs et électrices d’Honoré-Mercier. La piètre dessert en transports en commun fait de la voiture un incontournable, tellement que dans le quartier Rivière-des-Prairies, 9 foyers sur 10 possèdent au moins un véhicule motorisé. « Les transports en commun, c’est quelque chose auquel le Parti vert tient à coeur », argue M. Cusmano , se disant disposé, avec le parti, à investir dans ce secteur.

Les Halles d'Anjou, marché d'alimentation prisé des résidents d'Honoré-Mercier

Il est toutefois d’avis que les principaux enjeux touchant Honoré-Mercier sont communs à l’ensemble du pays. « La démocratie est mise à mal et c’est à nous, comme politiciens, de lutter contre les différents obstacles, notamment les fake news. » Ce faisant, M. Cusmano dit affronter les élections dans un cadre général, cherchant avant toutes choses à « protéger les droits acquis ».

M. Cusmano déplore également la polarisation croissante au sein de la société canadienne, citant notamment les politiques anti-immigration du Parti populaire du Canada. Le candidat vert estime quant à lui qu’il n’y a pas de problème d’immigration de masse au pays. « Si ce n’était de l’immigration, la population au Canada serait en déclin [...] ça veut dire moins d’ouvriers, moins de taxes perçues, moins de pensions pour les retraités et moins de subventions pour les familles à faible revenu. »

M. Cusmano au Green Pride Montreal 2019 (photographie de Juan Vazquez)

Avant la politique active

Bien qu’il ait occupé divers emplois, notamment à titre de photojournaliste, de professeur et d'expert en communication, Domenic Cusmano affirme être depuis toujours passionné par la politique . « Pour moi, la politique, c’est l’ultime des sports. À défaut de contact physique, le contact psychologique, lui, est très intense. »

Plusieurs missions à l’étranger, souvent en milieux défavorisés, l’ont confronté à la réalité des plus démunis. « [Ces gens-là] font face à la misère avec beaucoup de détermination, mais bien souvent, ils n’en sont pas la cause : c’est plutôt imputable à la mauvaise gestion politique au niveau local ou encore à la corruption ».

Après avoir oeuvré « sous le radar » dans le milieu politique, M. Cusmano affirme avoir fait son temps comme « gérant d’estrade » et dit vouloir défendre ses idéaux de front. Idéaliste, certes, M. Cusmano est tout de même réaliste : il est conscient que le monde ne changera pas du jour au lendemain, et ce, en dépit de son implication politique. « Or, si au moins j’ajoute ma voix à un mouvement pour le bien de la civilisation, peut-être quelqu’un m’entendra-t-il et viendra-t-il prendre le flambeau ».

L'une des pancartes électorales format réduit de M. Cusmano
Selfie d'un journaliste en herbe nouvellement trilingue : il connait désormais les langages du Web

Bruno Marcotte

Je suis étudiant en journalisme depuis maintenant un an, adepte de nouvelles technologies et avare d'apprentissages en tout genre.