Une capacité à secouer des cocotiers

oct. 09, 2019

Arrivé au Québec il y a quarante ans avec l’intention de percer en musique, le candidat du Parti vert du Canada, Jamil Azzaoui, a aujourd’hui un Curriculum Vitae diversifié. De gérant d’artiste à responsable des communications du réseau des Banques alimentaires du Québec, il se bat aujourd’hui pour l'environnement.

Par Zoé Arcand

“En 2008, je suis allé m'installer en campagne après avoir souffert d’une double hémorragie cérébrale”, raconte celui connu sous le nom d’artiste Jamil. C’est là-bas qu’il a commencé à remarquer des impacts concrets des changements climatiques: “aujourd’hui je n’ai plus d'hirondelle, il reste quelques bourdons, mais les abeilles ont toutes disparu”.

Selon lui “le manque de conscience environnementale qu’on a est l'équivalent de quand on fumait des cigarettes dans les hôpitaux il y a 20 ans”. Le candidat dans Laurier-Sainte-Marie insiste également sur le fait que nous vivons aujourd’hui une urgence climatique. “L’économie, la crise du logement, la pauvreté, ce sont toutes des choses importantes, mais elles n’ont pas lieu d’être sans l'environnement”, a-t-il martelé.

Le saut entre la musique et les enjeux sociaux de M Azzaoui s’est fait sans qu’il s’y attende. “Je faisais de la défense de titre indépendante et beaucoup d’artistes venaient cogner à ma porte, se souvient celui connu sous le nom d’artiste Jamil, mais c’était très insécurisant financièrement”.

Par la suite, l’auteur-compositeur-interprète a donc ouvert quelques salles de spectacles. À l’aube de son parcours en politique, il vient tout juste de terminer plusieurs années aux communications au réseau des banques alimentaires du Québec.

Le candidat du Parti vert souligne d’ailleurs que son passé comme gérant d’artiste l’a très bien outillé pour défendre l'environnement et les enjeux sociaux dans sa circonscription: “j’ai su que je devais me lancer en politique pour changer les choses. Je pense que j’ai toujours eu une capacité à secouer des cocotiers.”

Une compétition féroce

De gros noms s’affichent dans la course électorale dans Laurier-Sainte-Marie. Nima Machouf, candidate pour le Nouveau Parti démocratique et militante au sein du parti Québec Solidaire, et Michel Duchesne, candidat pour le Bloc Québécois, sont deux candidats très respectés par Jamil Azzaoui.

“J’aime beaucoup leur côté communautaire”, assure-t-il, avant d’ajouter que malgré leurs expériences impressionnantes et leurs valeurs similaires, il pense être mieux placé qu’eux pour défendre les intérêts de la circonscription au fédéral. “Le premier devoir du Parti vert c’est de défendre les intérêts des électeurs au niveau national” souligne l’ex-gérant d’artistes.

M. Azzaoui n’est cependant pas un admirateur de Steven Guilbeault, candidat du Parti libéral du Canada et environnementaliste. “Il a choisi de faire confiance à Justin Trudeau, et je trouve qu’il n’aurait pas dû, a-t-il lancé, les libéraux l’ont choisi uniquement pour redorer le blason du parti.”

Le musicien n’a aucun commentaire à faire à l’endroit de la candidate conservatrice: “je ne l’ai jamais vue, elle ne vient pas aux événements.”

“Je pense être le mieux outillé dans ma circonscription pour défendre les intérêts de ma circonscription et de ma province au sein de mon parti”, a-t-il indiqué, insistant sur la défense de l'environnement.

Controverse au niveau provincial

Aux dernières élections provinciales, le Parti vert du Québec avait révoqué la candidature de l’auteur-compositeur-interprète quelques heures après la lui avoir accordée. “Alex Tyrell a dit qu’il ne voulait pas que je la rencontre parce qu’elle n’a pas les mêmes valeurs que nous”, a avoué Jamil, avant d'ajouter qu’il trouvait ça fondamentalement absurde.

M Azzaoui a avoué être ami avec Mme Benhabib, sans pour autant partager ses valeurs. “En Europe et en Afrique du Nord, ça fait partie de la culture de s'asseoir à une table avec quelqu’un qui n’a pas les mêmes opinions, de parler politique et de s’engueuler”, a simplement défendu l’ex-propriétaire de salles de spectacle.

Mme Benhabib est entre autres une militante politique contre le fondamentalisme islamiste ayant été au centre de plusieurs controverses. Elle a entre autres été blâmée par le Conseil de presse du Québec pour le plagiat de cinq artistes sur son blogue. Sa candidature en 2014 au Parti Québécois avait également fait des vagues: le Collectif québécois contre l’islamophobie avait lancé une pétition réclamant sa destitution.