Les motivations d’Hassan Guillet

hassanguillet oct. 11, 2019
Agriculteur, avocat, ingénieur, imam… Hassan Guillet porte de multiples chapeaux. Pour le candidat aux élections fédérales dans Saint-Léonard-Saint-Michel, il ne s’agit que d’outils pour aider.
Certes, son parcours est atypique. Le candidat indépendant n’est pas un politicien de carrière, mais il a toujours été un être engagé dit-il. « Mon premier discours politique, je pense que je l’ai fait à l’âge de 7 ans », raconte-t-il l’air sérieux. Particulièrement pris par les efforts requis pour quiconque se présente comme candidat indépendant, M. Guillet a accepté de répondre à quelques questions sur son parcours. Notre journaliste l’a rencontré lors d’un évènement privé au Centre Na Rive, dans la Petite-Italie, où Hassan Guillet a pris le temps d’expliquer son parcours et ce qui le motive à rester dans l’arène politique.
Hassan Guillet (à gauche) au Centre Na Rive
Il se définit comme un orateur, un homme de réflexion et un homme engagé, présent non pas pour la politique, mais pour les services. « Je sers mon entourage », insiste-t-il. Il a quitté son Liban natal à l’âge de 22 ans pour venir faire ses études au Québec, puisqu’il tenait à évoluer dans un milieu francophone. Il a pris racine dans la province. Il y a rencontré sa femme et a fondé une famille. Celui qui ne pensait qu’y rester le temps d’achever son cursus universitaire habite dans la province depuis maintenant 46 ans.Les candidats indépendants ne sont souvent pas pris au sérieux, admet M. Guillet. « Ils sont perçus comme des gens qui veulent se montrer la face ou bien nuire à l’un ou à l’autre », poursuit-il. Privé de l’immense machine politique derrière chaque candidat des principaux partis, la tâche est doublement ardue.
M. Maiolo, adversaire conservateur de M. Guillet
Bataille dans un château fort

Je suis là pour gagner et représenter la population », tranche-t-il. Il a senti chez les électeurs le désir de se faire représenter par quelqu’un en qui ils ont confiance. « Ce sont eux qui m’ont poussé à me présenter indépendamment d’un parti politique », précise-t-il. Après la polémique engendrée par B’nai Brith, M. Guillet dit avoir gagné plusieurs alliés. « Ce qui m’est arrivé pourrait être arrivé à n’importe qui », souligne-t-il. En effet. À l’ère du numérique, tous les coups sont permis.

Outre sa motivation d’être présent pour les citoyens de Saint-Léonard-Saint-Michel, il est également critique envers la paresse du Parti Libéral. Selon lui, les libéraux prennent la circonscription pour acquis. Pense-t-il que le Parti libéral instrumentalise les communautés racisées? « Bien sûr, bien sûr », confie-t-il. « Je me demande aussi, poursuit-il, qui a utilisé qui? Est-ce que c’est le parti libéral qui a utilisé B’nai Brit ou l’inverse? »
Saint-Léonard-Saint-Michel, circonscription aux milles visages

Les électeurs sont déçus, mais surtout blessés, dit-il. Plusieurs électeurs de la circonscription dans laquelle il se présente lui ont fait part du sentiment d’injustice qu’ils ressentaient vis-à-vis de la situation . « Les médias sociaux ont rendus la démocratie très difficile, mais ils ont rendus la dictature impossible », dit-il en souriant. Cette « lutte à trois » entre M. Guillet, la libérale Patricia Lattanzio et leur adversaire conservateur Ilario Maiolo fait beaucoup parler. Il est rare qu’un candidat indépendant soit considéré avec autant de sérieux.

Malgré tout, la bataille s’annonce rude pour l’imam le plus connu au Québec. Plusieurs électeurs libéraux ont rejoint ses rangs à la suite de la polémique entourant les publications jugées antisémites par l’organisation B’nai Brith. Saura-t-il conquérir les Italiens de Saint-Léonard, traditionnellement habitués à voter pour un candidat libéral, issu de leur communauté?
Seul l’avenir en sera garant.

Mayssa Ferah

Journaliste surnuméraire à La Presse. Cheffe de pupitre société au Montréal Campus. Toujours prête à intellectualiser des éléments anodins de culture populaire. Grande fan de vin orange.