Les motivations d’Hassan Guillet
Agriculteur, avocat, ingénieur, imam… Hassan Guillet porte de multiples chapeaux. Pour le candidat aux élections fédérales dans Saint-Léonard-Saint-Michel, il ne s’agit que d’outils pour aider.
Certes, son parcours est atypique. Le candidat indépendant n’est pas un politicien de carrière, mais il a toujours été un être engagé dit-il. « Mon premier discours politique, je pense que je l’ai fait à l’âge de 7 ans », raconte-t-il l’air sérieux.
Particulièrement pris par les efforts requis pour quiconque se présente comme candidat indépendant, M. Guillet a accepté de répondre à quelques questions sur son parcours. Notre journaliste l’a rencontré lors d’un évènement privé au Centre Na Rive, dans la Petite-Italie, où Hassan Guillet a pris le temps d’expliquer son parcours et ce qui le motive à rester dans l’arène politique.
Bataille dans un château fort
Je suis là pour gagner et représenter la population », tranche-t-il. Il a senti chez les électeurs le désir de se faire représenter par quelqu’un en qui ils ont confiance. « Ce sont eux qui m’ont poussé à me présenter indépendamment d’un parti politique », précise-t-il. Après la polémique engendrée par B’nai Brith, M. Guillet dit avoir gagné plusieurs alliés. « Ce qui m’est arrivé pourrait être arrivé à n’importe qui », souligne-t-il. En effet. À l’ère du numérique, tous les coups sont permis.
Outre sa motivation d’être présent pour les citoyens de Saint-Léonard-Saint-Michel, il est également critique envers la paresse du Parti Libéral. Selon lui, les libéraux prennent la circonscription pour acquis. Pense-t-il que le Parti libéral instrumentalise les communautés racisées? « Bien sûr, bien sûr », confie-t-il. « Je me demande aussi, poursuit-il, qui a utilisé qui? Est-ce que c’est le parti libéral qui a utilisé B’nai Brit ou l’inverse? »
Les électeurs sont déçus, mais surtout blessés, dit-il. Plusieurs électeurs de la circonscription dans laquelle il se présente lui ont fait part du sentiment d’injustice qu’ils ressentaient vis-à-vis de la situation . « Les médias sociaux ont rendus la démocratie très difficile, mais ils ont rendus la dictature impossible », dit-il en souriant. Cette « lutte à trois » entre M. Guillet, la libérale Patricia Lattanzio et leur adversaire conservateur Ilario Maiolo fait beaucoup parler. Il est rare qu’un candidat indépendant soit considéré avec autant de sérieux.
Malgré tout, la bataille s’annonce rude pour l’imam le plus connu au Québec. Plusieurs électeurs libéraux ont rejoint ses rangs à la suite de la polémique entourant les publications jugées antisémites par l’organisation B’nai Brith. Saura-t-il conquérir les Italiens de Saint-Léonard, traditionnellement habitués à voter pour un candidat libéral, issu de leur communauté?
Seul l’avenir en sera garant.