Paré à l'attaque
C’est donc à pied et par le bouche à oreilles, que la candidate du nouveau parti démocratique Christine Paré tente de surprendre le monde politique. Cette gestionnaire d’équipe de recherche à l’Université de Montréal a décidé de mettre son travail sur pause pour se consacrer corps et âme à sa campagne. Depuis le début de celle-ci, son horaire est passé d’un classique 9 à 5, à un horaire qui démarre au petit matin et qui finit bien après que le soleil se soit couché.
La raison principale qui explique ce changement radical d’horaire est probablement le fait que Mme Paré a décidé d’adopter une technique plus personnelle pour se faire un nom et gagner l’opinion publique dans sa circonscription. En effet, immigrée au Canada depuis le Burkina Faso, elle habite, depuis son arrivée il y a 17 ans, dans un appartement modeste, à mi-chemin entre les stations Parc et Ahuntsic, dans le quartier Parc-Extension. Elle comprend donc mieux la situation des habitants de la circonscription. Preuve à l’appui, les gens l’interpellent dans la rue pour aller lui parler lorsqu’elle marche pour se rendre au métro le plus proche.
Elle ajoute à la blague : «je pense que je suis la seule à faire campagne […] je fais du porte à porte presque chaque soir et je n’ai jamais vu un autre candidat. »
Pourquois le NPD?
Ce désir d’être proche du peuple est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles elle s’est jointe au NPD il y a quelques années. Ce parti qui place la lutte contre les injustices sociales au premier plan de sa campagne est venu rejoindre les valeurs de Mme Paré qui a toujours eu le désir de défendre une population opprimée. L'importance que le NPD accorde au logement social et à l'amélioration de la qualité de vie des gens dans le besoin , fait aussi partie des raisons qui l'ont poussée à rejoindre leur rang. Une autre raison qui l’amène à s’impliquer avec le NPD est le fait que celui-ci démontre bien la réalité actuelle du Canada, avec plusieurs cultures au sein de celui-ci, mais aussi avec une parité entre le nombre d’hommes et de femmes.
Premier pas dans le monde de la politique
Féministe jusqu’à la moelle, elle s’implique dans plusieurs mouvements féministes dès l’âge de 18 ans. Cependant, son implication dans la sphère politique n’a pas débuté au Québec: elle a participé à des mouvements populaires et a combattu la dictature de Blaise Compaoré dans son pays d’origine. Arrivée au Québec, elle s'est beaucoup impliquée dans les mouvements syndicaux avant de s’impliquer pour le NPD, premièrement en tant que militante, et ensuite en tant que présidente de comité de femme, autant au niveau provincial que fédéral. Elle fait le saut sur la sellette cette année en tant que candidate. Elle est bien au courant de la situation complexe qui vient avec le fait d’être candidate contre un premier ministre, mais elle ne désespère pas et elle garde un désir de gagner qui pourrait en inspirer plus d’un à voter pour elle. Lorsque questionnée sur comment elle pense arriver à l’emporter, elle répond que : « le plus important c’est l’effet boule de neige: si une personne vote pour moi et qu’elle apporte des gens de son entourage, qui sait ce qui pourrait arriver? ».