Daniel Green, un homme dédié à l'environnement

Outremont oct. 09, 2019

Ses débuts


Daniel Green a suivi une formation à l’UQAM en exo-toxicologie, qui se rapporte à l’étude de la contamination de l’environnement. Un homme scientifique donc qui a dirigé la Société pour Vaincre la Pollution (SVP) de 1980 à 2000. Il est encore aujourd'hui consultant pour la SVP et est sollicité comme expert par de multiples autres organismes.

"Je fais de la consultation pour le gouvernement, des municipalités, pour des groupes environnementaux et des fois, j'interviens comme témoin expert en Cour."

Ses longues années passées à la SVP lui ont permis de s'approcher de près du sujet de la contamination environnementale.

"Mon travail était de documenter la contamination environnementale. Je connectais les points pour montrer que la contamination ne s'arretait pas à l'environnement mais s'attaquait aussi à l'humain"
Daniel Green, directeur adjoint du Parti des Verts


La politique


Mais bien qu’il soit profondément impliqué dans la protection de l'environnement depuis de nombreuses années, c'est à la suite de la tragédie ferroviaire "évitable" du Lac-Mégantic que Daniel Green a décidé de se lancer en politique.

"J'étais à Mégantic après le déraillement de train qui a tué 47 personnes et contaminé totalement la municipalité de Mégantic. Alors, j'ai documenté cette contamination pour demander un nettoyage et aussi demander de meilleures lois. [...] J'ai vu qu'on aurait pu éviter cet accident si on n'avait pas modifié la loi pour permettre des aberrations comme des trains remplis de pétrole, stationnés sur une pente avec un seul conducteur qui évidemment devait aller se coucher".

Depuis qu'il est entré en politique avec le Parti Vert, Daniel Green fait du climat son combat principal. La protection de l'environnement est un point primordial pour lui aujourd'hui. Ayant participé à la marche pour le climat à Montréal, qui a réuni plus de 500 000 personnes et qui constitue la plus grande manifestation de l'histoire de la ville, il a été agréablement surpris par la forte mobilisation des citoyens et espère que les politiques emboiteront le pas.
"La science nous dit que l'on ne peut pas continuer dans la meme direction parce que c'est la faillite. Et je pense que les jeunes ont compris [...] C'est probablement la première fois dans l'histoire de l'humanité que les enfants ont plus raison que les adultes".

D'après lui, c'est le but du Parti Vert de réussir à changer les mentalités. Il explique que celà fait maintenant 10 ans que son parti parle des changements climatiques et que l'on voit des avancées dans l'opinion publique.

"Au Parti Vert, on n'est pas là pour prendre le pouvoir. On est là pour influencer"

Daniel Green explique que le problème du réchauffement climatique ne sera réglé qu'avec l'union de tous les partis politiques, puis de tous les gouvernements. Une vision soutenue par la chef de son parti, Elisabeth May : Elle "voit le défi climatique comme un défi similaire à la Seconde Guerre Mondiale. On avait un ennemi commun, et les pays du monde se sont mis ensemble pour se défendre. Et les pays du monde ont réussi."
L'avenue Parc, dans la circonscription d'Outremont


D'autres problématiques


En dehors du climat, Daniel Green aimerait se servir de son passage en politique pour imposer des changements sur d'autres sujets importants pour notre société. Fervent défenseur du scrutin proportionnel mixte, il se justifie en affirmant que "la représentativité de l'élu dans le système électoral canadien ne fonctionne plus."
Le système électoral canadien nécessiterait donc d'après lui un fort remaniement, et il pose le scrutin proportionnel mixte comme la solution. "Il fonctionnait quand il y avait deux partis, maintenant il y en a six !".

L'utilisation des données personnelles collectées sur Internet dans le processus électoral le dérange aussi. "Le niveau de segmentation que font les grands partis ou ils sont capables de connaitre l'age, le revenu, le nombre de personnes qui demeurent dans l'entité familiale, le niveau d'éducation, le genre font que les partis politiques sont probablement l'organisation qui connait tellement bien son électorat que ça fait peur."

La compétition entre les partis politiques est devenue déloyale selon lui et il y a un besoin fort de nouvelles réglementations.

"La démocratie ne devrait pas etre un exercice de marketing"
Des pancartes électorales devant la station de métro Cote Ste-Catherine

Théo SARDAIGNE

Etudiant en journalisme à l'UQAM