Défendre la culture et l'environnement, pierre angulaire de Nantel

Envrionnement oct. 09, 2019
Pierre Nantel | Parti vert du Canada

Par Jean-Michel Clermont-Goulet

Pierre Nantel a plus d’une corde à son arc. Impliqué dans l’industrie culturelle québécoise durant près de 30 ans, il se présente maintenant pour un troisième mandat dans Longueuil–Saint-Hubert. Passant de l’orange au vert, tout en ayant une pensée bleue indépendantiste, l’homme politique se veut défenseur de la culture d’ici et de l’environnement. Portrait.

C’est en 2011, lors de la « vague orange », que le Longueuillois d’adoption a décidé de se lancer en politique. À l’époque, il s’était présenté sous la bannière néo-démocrate menée par le charismatique Jack Layton. Dès cet instant, tout était clair : il voulait représenter sa communauté avec « fierté » et défendre les « intérêts culturels et environnementaux » du Québec à la Chambre des communes.

« J’ai insisté, à l’époque pour avoir l’investiture de mon comté , lance d’emblée Pierre Nantel dans son local électoral de la rue Saint-Charles, dans le Vieux-Longueuil. La communauté que je veux représenter est typiquement nationaliste et s’intéresse à notre culture et notre patrimoine. »

Ses années au NPD

Il est d’ailleurs à l’origine de « La ligne de parti Québec » au sein du Nouveau Parti démocratique (NPD) , insitant pour une présence parlementaire différente pour le Québec.

« Je me suis grandement battu au NPD pour que le Québec soit interpellé de façon distinctive et que les intérêts de la province soient défendus de manière distinctive , confie le Campivallensien d’origine. Je me suis levé avec le Bloc [québécois] sur l’interculturalisme, avec les conservateurs sur la motion d’impôt unique, alors que mes collègues restaient assis. »

Il a entre autres été nommé porte-parole du NPD en matière de Culture et de Patrimoine ainsi que pour l’Électrification des transports.

Réélu en 2015 avec quelque 700 voix de différences de son adversaire libéral, Pierre Nantel a livré une incessante bataille pour que les géants du web, comme, Netflix , Facebook et Google , soient taxés pour des services offerts au Canada.

« Il y a beaucoup d’enjeux de très haute incidence sur la distinction du Québec qui sont entre les mains du fédéral , dit-il, affirmant que ce genre de pouvoir devrait être redistribué à la province. Quand on reconnait que le Québec est une nation, il faut que ce soit plus que des mots. C’est un fait. »

Un passage chez les Verts remarqué

Les élections fédérales actuelles auront occasionné leur lot de surprises, alors que plusieurs des candidats annoncés sont des transfuges ; un néo-démocrate devenu vert, un ancien vert passé au NPD, un ex-ministre péquiste devenu rouge libéral. Il y a de quoi mélanger l’électorat.

« Aujourd’hui, il n’y a personne de surpris de mon passage au Parti vert du Canada , précise-t-il. Les gens savent très bien que je parle de climat et de combats contre les changements climatiques. »

Si la circonscription de transfuges a pu être mise « sur la map », c’est tant mieux, selon lui. « Et tant mieux si le tout a ramené la question du climat sur la table. »

En effet, le NPD a décidé d’investir contre M. Nantel l’environnementaliste et ancien chef du Parti vert du Québec, Éric Ferland. En revanche, selon l’ancien directeur artistique, il y a une « nécessité climatique » qui va au-delà de la partisanerie.

Sa vision de Longueuil

Selon Nantel, l’agglomération de la ville Longueuil est bien plus qu’une municipalité de 241 753 habitants . « Je pense que Longueuil a un très beau potentiel au niveau d’une croissance qui soit respectueuse de son identité », affirme-t-il, précisant que Longueuil et Saint-Hubert sont deux villes distinctes, malgré leur proximité.

L’un des chevaux de combat du Vert de 56 ans est l’accès à un meilleur transport en commun et aux berges du Saint-Laurent. « On peut-tu procéder avec le prolongement de la ligne jaune au plus sacrant , lance-t-il. Ça fait 50 ans qu’on est dû ! »

Il déplore au passage l’augmentation tarifaire imposée par la Société de transport de Montréal. « On nous a augmenté les tarifs, comme si on avait eu les trois stations à Laval. C’est n’importe quoi. »

Est-il confiant à la veille de l’élection du prochain gouvernement ? « Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais il faut faire sortir le vote progressiste. Je pense que les gens d’ici verront clair le 21 octobre. »

Jean-Michel Clermont-Goulet

Étudiant en journalisme-UQAM / Cochef au pupitre Société - Montréal Campus / Journaliste-pigiste - Narcity Média. Intolérant au gluten, mais pas à l'info!