25 décembre, 2018

Bla-bla politique 2014-2018

Ça fait partie de la description de tâches. Pour être député.e il faut aimer parler.Mais sur quoi, au juste, nos politicien.ne.s ont-elles et ont-ils discouru depuis les dernières élections au Québec?

Bla-bla politique 2014-2018

Préparé pour Nouveau Projet 14.

Ça fait partie de la description de tâches. Pour être député.e il faut aimer parler.
Mais sur quoi, au juste, nos politicien.ne.s ont-elles et ont-ils discouru depuis les dernières élections au Québec?

Nous avons analysé tous les débats à l’ Assemblée nationale et dans les commissions parlementaires, ainsi que toutes les transcriptions des conférences de presse des élu.e.s, entre le 8 avril 2014 et le 11 mai 2018. Un corpus de 1 344 pages web contenant près de 48 millions de mots prononcés par les 141 personnes qui ont occupé un siège au Salon bleu. Faits saillants.

Fréquence de différents sujets dans le temps.

6 thèmes forts + 6 thèmes occultés

Nous avons choisi 12 sujets qui ont fait les manchettes au cours des quatre dernières années.
Certains ont préoccupé les parlementaires… d’autres moins: la culture est la grande oubliée par la politique. Le graphique ci-dessous montre la fréquence de ces thèmes dans le discours des élu.e.s., par mois; fréquence relative aux nombre total de mots prononcés au cours de ce mois.

Cannabis

Pas un mot sur le pot jusqu’en septembre 2017. Puis c’est l’explosion. Il s’agit d’encadrer l’usage de la substance légalisée par Ottawa. En quatrième vitesse!
Expression recherchée : «cannabis ».

Identité

On en a beaucoup parlé dans les médias; moins au parlement. Ce n’est qu’à l’occasion du débat sur la loi sur la neutralité religieuse, à l’automne 2017, que le sujet a fait jaser les élu.e.s.
Expressions recherchées : «visage découvert», «neutralité religieuse», «vivre-ensemble», «accommodement(s) raisonnable(s)», «identité québécoise», «valeurs québécoises».

Garderies

Thème marquant des premières années du gouvernement Couillard, on croyait le bébé endormi… jusqu’à ce qu’il se réveille en novembre 2017, puis en mars 2018.
Expressions recherchées : «garderie(s)», «service(s) de garde», «centre(s) de la petite enfance», «CPE».

Corruption

Le sujet n’a pas collé à la peau des Libéraux autant qu’on l’aurait pensé. Hormis une pointe en décembre 2017, les parlementaires en ont relativement peu parlé.
Expressions recherchées : «corruption» (permet de compter «unité permanente anticorruption»), «UPAC».

Frais accessoires

Ce sont ces frais que facturent les médecins à leurs patients pour des gouttes pour les yeux, par exemple. A dominé les débats à l’automne 2015 et a précédé la controverse sur le salaire des médecins… controverse dont on trouve peu d’échos au parlement.
Expression recherchée : «frais accessoires».

Immigration

On pensait que ce serait lors de la «crise» du chemin Roxham qu’on aurait le plus parlé de migrants et de réfugiés. Eh non, c’était dans les premiers mois de 2016.
Expressions recherchées : «migrant(s)», «réfugiés».

Énergie Est

Les parlementaires n’ont pas vraiment carburé au grand sujet environnemental des quatre dernières années.
Expressions recherchées : «Énergie Est», «TransCanada», «oléoduc», «pipeline».

#meetoo

Gerry Sklavounos, Pierre Paradis, Yves St-Denis : plusieurs députés ont été soupçonnés d’inconduite sexuelle. Mais ce sujet a suscité relativement peu de discussions au parlement.
Expressions recherchées : «agression(s) sexuelle(s)», «caractère sexuel», «harcèlement sexuel», «inconduite(s) sexuelle(s)».

Paradis fiscaux

Les Panama Papers, puis les Paradise Papers ont placé les paradis fiscaux sur l’écran radar des médias du monde entier… mais pas sur celui des parlementaires.
Expressions recherchées : «paradis fiscal(aux)».

Austérité

Quelques mentions en 2014-15, puis quasi silence radio sur ce thème majeur des premières années du gouvernement Couillard.
Expressions recherchées : «austérité», «rigueur budgétaire».

Québec libre

On a célébré les 20 ans du dernier référendum et le demi-siècle du «Vive le Québec libre» du général De Gaulle, au cours de la dernière session parlementaire. Mais on n’y a pratiquement jamais parlé d’indépendance.
Expressions recherchées : «indépendance du Québec», «souveraineté du Québec», «Québec indépendant», «Québec souverain».

Culture

La culture est la grande absente des débats de nos député.e.s
Expressions recherchées : «cinéma québécois», «littérature québécoise», «musique québécoise», «théâtre québécois», «artiste(s) québécois(es)».

Richesse du vocabulaire

Les élu.e.s dont le vocabulaire a été le plus riche au cours de la dernière législature.

En divisant le nombre de mots uniques sur le total de mots prononcés, on obtient en quelque sorte un indice de richesse du vocabulaire. Voici le top-10 des élu.e.s ayant prononcé plus de 200  000 mots au cours des quatre dernières années.

En prime: Doit-on y voir un indice de pauvreté du vocabulaire? Voici la fréquence des béquilles de langage «au niveau de», «au niveau du» et «au niveau des» dans les différentes interventions des partis.

Qui parle de qui?

Parmi les expressions qui reviennent le plus souvent dans le discours des député.e.s se trouvent les noms des partis (le leur ou celui de leurs adversaires). Le PQ se retrouve souvent dans les propos de ses vis-à-vis. Et puis Caquistes et Solidaires parlent souvent… d’eux-mêmes.

Les plus loquaces

Les élu.e.s les plus loquaces par parti (mots prononcés entre 2014 et 2018). La Montérégie est une terre de champions de la parlotte.

PLQ: Gaétan Barrette (La Pinière) : 720 105 mots
PQ: Diane Lamarre (Taillon) : 425 616 mots
CAQ: Simon Jolin-Barrette (Borduas) : 353 142 mots
QS: Amir Khadir (Mercier) : 248 514 mots

Méthodologie

Le moissonage des textes du site de l’Assemblée nationale et leur analyse thématique a été réalisée grâce à différents scripts pythons rédigés par l’auteur, disponibles, avec une métho plus détaillée, sur son site Github: http://github.com/jhroy/np14-assnat